20 mars 2013

Son dernier clope

Son dernier clope…
Un coup d’œil sur les taffes qui s’étiolent, rapide, il ne leur laisse pas le temps de s’évanouir sans un passage par la case poumons, aspire… Béatitude du poison s’insinuant en lui. Bientôt fini. Ses yeux s’attardent sur son autre main, il contemple ses ongles qu’il a déchiquetés là-bas ces derniers jours, à espérer trouver un moyen, persuadé que derrière cette porte se trouve son salut.
En vain.
L’entrée a continué de le narguer, encore et encore, demeurant hermétiquement close. Que demander de plus à une porte de fer perdue dans les montagnes ?
Bientôt la fin.
Ça fait un bout de temps qu’il est sorti de son propre abri sans savoir où aller. Qu’il s’est barré en emportant les maigres réserves qui subsistaient, qu’il a avancé sous le cagnard, bénissant la pluie acide et irradiée qui daignait parfois s’offrir à lui.
Soif…
Il n’a même plus faim tellement ses organes sont secs. Et il fume, pourtant, c’est tout ce qu’il lui reste. Ses pas l’ont mené ici, et, au lieu de continuer sa route, de tracer son chemin, il est resté là. L’œil attiré par un éclat métallique perdu au milieu d’éboulis, il s’est arrêté et a décidé qu’il serait sauvé ici.
Sauvé !
Il rit, de ce rire un peu fou qu’ont les hommes lorsque leur dernière heure arrive. Ses dernières forces, il les a consacrées à dégager l’entrée soudée à la paroi de pierre, à s’arracher les ongles sur le métal, s’écorcher la peau sur les cailloux tranchants. Tout ça pour une porte close.
Alors, assis là, il fume en attendant la grande faucheuse. Il a bien compris qu’elle ne viendrait pas en crabe conquérant sur ses poumons déjà noirs, non… L’homme à la crête sait qu’il va crever simplement parce que les terres sont désolées, dévastées, qu’il n’a pas rencontré âme qui vive depuis des… des quoi au fait ? Des jours ? Des semaines ? Des mois ? Des… ? Il a perdu le compte. Peut-être qu’il tourne en rond dans ces cailloux hostiles, peut-être qu’au-delà il y a la vie, un peuple, des gens qui font bombance et seraient prêts à partager…
Il en doute.
Il a peur, Connor. Il a peur d’être le dernier, de crever comme un con, là, devant une putain de porte fermée, un lieu qui gardera ses secrets bien après que les charognards – pour peu qu’il en reste en vie – lui aient dispersé les os après s’être repus de ses tripes.
« Je ne veux pas crever, pas comme ça ! »
Le son de sa voix lui est étranger. Trop rauque, trop faible, trop… Comme en écho à ses mots, un son émane d’à côté, de là-bas, de la porte, un peu en contrebas. Il ne veut pas y croire, persuadé que ce n’est que son imagination qui se joue de lui, encore ! Que rien n’a bougé, qu’il va être déçu comme les fois précédentes, persuadé qu’il y avait du mouvement, de l’autre côté.

La porte s’ouvre en émettant une plainte stridente. Une créature en émerge, qui se stoppe. Le voici, lui, aux aguets, tentant de discerner ce qui sort. Quelques pas hasardeux et il la voit.
Une femme. Fluette. Brune. Asiatique. Sa tenue dénote avec l’univers qui les entoure. Une blouse, blanche, immaculée. La démarche est hésitante, les pieds, nus, semblent souffrir sur le sol inégal. Elle porte une main à ses yeux, éblouie semble-t-il. Rien d’étonnant au vu de l’ouverture sombre qui se découpe derrière elle.
Il l’observe longuement, prêt à tout. Il y a bien longtemps qu’il a compris que chaque personne croisée est un potentiel agresseur. Ou repas. Au choix. La seconde catégorie n’est vraie que si l’on est capable de se débarrasser de la menace due à la première. Ce qu’il s’apprête à faire.
Il est armé, bien sûr. Comment survivre autrement ? Son équipement est rudimentaire mais a d’ores et déjà prouvé son efficacité. Une sorte de lasso fait de fils barbelés. De quoi étrangler, ou du moins déchirer les chairs. La fille n’a toujours pas changé de place, elle s’est juste accroupie pour toucher la terre caillouteuse et l’a même goutée. Etrange demoiselle.
L’adrénaline lui sature les veines, lui offrant un regain d’énergie, il se redresse en faisant tournoyer son arme, et l’envoie. Il suit la course de la boucle de métal du regard, fier de lui, son lancé est bon. Parfait même. Le meilleur qu’il ait jamais fait. Il faut dire que sa cible est immobile.
Ou presque. Il n’a pas le temps de se réjouir. Il se retrouve au bas de son promontoire, n’ayant pas eu le réflexe de lâcher son arme quand celle-ci a été attrapée par sa proie. Il parlerait bien si un pied ne lui écrasait pas la trachée. La jeune femme le domine de toute sa hauteur. Elle ne dit rien, n’exprime pas de haine, rien qu’un peu d’étonnement.
La blouse n’est plus blanche, le barbelé a fait son œuvre sur la main et l’avant bras de la jeune femme. Jeune, oui. Il ne lui donne pas grand âge, pas la majorité, pour sûr, mais on ne sait jamais avec les jaunes. Elle libère son propre bras de la morsure métallique et ôte son pied de sa gorge, estimant sans doute qu’il n’est pas une menace.
Demi-tour.
Elle se casse. Elle se casse ! Tant bien que mal, alors que l’oxygène se fraie un passage jusqu’à ses poumons, il se relève, toussant et crachant. La femme ne donne plus l’air de souffrir malgré les pierres qui lui meurtrissent les pieds. Elle n’a pas l’air non plus d’avoir mal au bras, portant ses plaies à sa bouche pour les sucer.
Elle n’a rien dit. Elle va refermer la porte, à coup sûr. Il faut qu’il la rejoigne. Qu’elle l’attende !
« Attendez ! »
Elle s’arrête. Ne répond pas. Il la rejoint, rassemblant comme il le peut son lasso. Sans chercher plus loin. Elle parait en forme. Propre. Elle a sans doute de l’eau, à manger… Il pourrait profiter de son hospitalité, et plus si affinités. L’idée fait son chemin, la blouse ouverte au dos laisse entrevoir bien des merveilles et l’homme a la dalle.
Il pose la main sur le bras – pas le blessé, l’autre – de la jeune femme et s’essaie à sourire.
« Je peux peut-être profiter de votre abri pour la nuit ? »
Un regard sur sa main, puis sur son visage. Elle reste impassible, ni sourire ni grimace. Rien.
« Tu n’as pas envie d’entrer. »
Bien sûr que si il en a envie ! D’ailleurs, pour le lui prouver, il accélère le pas autant qu’il le peut et la devance dans la fraîche noirceur qui leur fait face. Il avance encore, sans mot dire, tentant d’adapter son regard à la pénombre. Il est si heureux qu’il ne se rend compte qu’après coup qu’elle a refermé derrière eux.
Il a trouvé quelqu’un. Une survivante. Jolie. Elle a un abri. Sans doute de quoi se nourrir. À boire. Il va vivre ! Il va se faire plaisir. Elle l’a eu par surprise auparavant. Il ne se fera plus avoir. Il était militaire, merde ! Il lui montrera. C’est lui le chef désormais, c’est lui l’homme, le mâle.
Comme un écho à ses élucubrations intérieures, la jeune main se glisse dans la sienne pour l’entraîner plus loin encore dans le boyau métallique. Ce n’est qu’au bout d’une vingtaine de mètres qu’il entrevoit une lueur diffuse. Et ce n’est que bien plus tard qu’il mettra un nom sur l’odeur qu’il préférait occulter depuis son entrée.

La lumière n’est guère forte quand ils pénètrent dans ce qui semble être un ancien centre de commandement. Des bougies graisseuses éclairent çà et là quelques points d’accès. Elle le lâche et s’approche de grands placards où sont entreposées des bonbonnes d’eau et des dizaines, non, des centaines, de boites de conserves.
Il croit défaillir quand l’odeur d’un corned-beef émane de son enveloppe métallique. C’est pourtant sur l’eau qu’il se jette tout d’abord, buvant à même le goulot, en renversant bien plus qu’il n’en avale. Il bâfre. Repu, il la cherche du regard, tout à sa joie, il ne s’est pas rendu compte qu’elle s’est éclipsée.
« Mademoiselle ? »
Il a l’air d’un con, là, il n’a pas songé à lui demander son nom. Il s’engage dans un couloir avant de faire demi-tour. Si la puanteur était supportable dans la grande salle, ici elle est suffocante. On dirait un charnier. La pauvre fille a dû rester enfermée ici et n’a sans doute pu sortir que grâce à lui ! Seule survivante d’un groupe de réfugiés, à tous les coups. Les idées vont bon train dans sa caboche, il se voit déjà comme le chevalier servant de la princesse qui n’aura d’autre envie que de lui être très – très – reconnaissante.
Voilà un scénario qui lui plaît. Arrivant près d’un autre couloir, il aperçoit la lueur d’une bougie plus loin. Il laisse là son sac – bien vide au demeurant – et s’y engouffre sans plus attendre, gardant son arme. La belle lui a tracé le chemin !
Des tâches sombres sur les murs et le sol le font s’interroger sur leur nature, quelques ouvertures laissent planer un silence étouffant, mais il continue son avancée sans faiblir. Il s’arrête net en voyant le spectacle qui s’offre à lui.

Cette autre salle, un peu plus petite que celle où il s’est sustenté, est éclairée par les mêmes bougies fumantes. Une table en inox occupe le centre de la pièce. La jeune femme lui tourne le dos, semblant en pleine conversation avec quelqu’un. Conversation est un bien grand mot puisqu’elle soliloque, l’autre ne lui répondant pas.
L’autre…
Ce n’est pas elle qui l’a fait stopper sur le pas de la porte, non. C’est lui. Il s’agit d’un homme, cela ne peut-être nié, mais il ne bouge pas. En station debout, il est attaché au mur par des chaînes longues, vêtu de la même blouse que son hôtesse. Il a dû être jeune. Il est jeune, d’ailleurs, une version masculine de l’asiatique.
Adolescent, jeune adulte, pas plus. Ce qui dérange Connor n’est pas la présence de chaînes, ce qui le met mal à l’aise, c’est le regard que l’enchaîné lui lance à son arrivée. Les orbites n’expriment rien. L’homme est mort. En témoignent, entre autres détails, les taches sombres sur ses bras nécrosés et le ver qui sort de sa joue. Effectuant un pas en arrière, il interroge la brune du regard, s'apercevant qu'elle observait sa réaction. Elle ne sourit pas.
« Ils voulaient le tuer. Je ne les ai pas laissés faire. »
Les taches sombres entrevues durant sa progression dans le couloir prennent tout leur sens pour Connor. Elle tire un tabouret de sous la table et s’assied, hors de portée de l’enchainé, l’invitant à faire de même.
« Nous avons vécu ici toute notre vie. Nous y sommes nés, avons grandi ensemble, affronté les mêmes épreuves. Tests et entraînement chaque jour, pour nous préparer à sortir, aux missions. Un jour ils ont cessé de recevoir des nouvelles de l’extérieur, ils ont décidé de changer de méthode. L’entraînement était plus rude, ils se sont mis à m’entraîner la nuit aussi. Lui… Lui ils lui ont injecté des trucs, pour voir s’il résistait bien. Ça a été.
Puis un jour ils ont fait une sortie et ils ont ramené une fille qui était moins abîmée que lui maintenant. Je n’ai pas entendu ce qu’ils disaient, ils paraissaient très inquiets quant à ce qu’ils avaient vu dehors, et par rapport à elle… Ils ont enfermé la fille dans une cage de verre, fait des prélèvements, et ils l’ont attaché, lui, sur cette table. Ensuite, ils ont mélangé leurs sangs pour voir s’il était immunisé à ça aussi. »
Le laissant choir, elle quitte son siège, tandis que son poing s’écrase contre la table, y laissant la marque ensanglantée de ses phalanges en souffrance. Elle hurle.
« Il ne l’était pas ! »
Les yeux brillants, elle porte son poing abîmé à ses lèvres et suçote doucement ses plaies. Connor ne sait comment réagir, il l’observe, muet. Elle a perdu de sa superbe, ses épaules sont voûtées. Il songe que c’est un peu tard pour faire les présentations, mais que ça serait bien quand même. Il commence à ouvrir la bouche, espérant trouver un moyen de changer de sujet, passablement mal dans ses rangers en présence de l’homme – mais est-ce encore un homme au moins ? – dont il sent le regard qui ne le quitte pas, mais elle reprend, la voix basse.
« Il ne l’était pas…
L’état de la fille s’est vite dégradé et ils l’ont tuée. Je m’en foutais. Lui, il ne mangeait presque plus et seulement de la viande humaine. Puis il a cessé de parler, et ils ont décidé que je n’avais plus le droit de le voir. Quand ils se sont mis à stopper leurs conversations à mon arrivée dans une pièce, j’ai compris que ses heures étaient comptées. Après leur visite nocturne, je suis allée le voir. Il n’était plus lui-même ! Il a tenté de me mordre ! Moi ! Me prenant pour son repas ! Je n’ai pas pu le libérer… Je me suis occupée d’eux. Ils dormaient, les fous ! Je n’ai pas su être assez discrète, ça a tourné à l’affrontement direct. »
Elle rit. Un rire sec, sans joie.
« Les docteurs n’ont eu aucune chance, quant aux autres… Ils m’avaient formée. Tous. Chacun m’apprenant une technique différente, chacun imprimant en moi sa touche personnelle. Sans se concerter, sans eux-mêmes maîtriser le tout. Ça a été aisé de me débarrasser d’eux. Tous ne sont pas morts, certains ont réussi à fuir, et j’en ai enfermés d’autres. Il fallait bien que je prévoie des réserves… pour lui. Ceux qui sont partis ont bloqué l’entrée pour m’empêcher de sortir, et lui avec. Cela fait longtemps. Il n’a plus de réserves et refuse de manger la viande pourrie. Je le comprends, je n’en veux pas moi-même. »
Elle parle, parle.. Il s’étonne qu’elle soit si prolixe envers lui, un inconnu. Elle ne sait pas même son nom. À croire qu’elle soliloque, en fait, qu’elle n’a pas conscience de sa présence. Elle le regarde, pourtant. Serait-ce enfin de la reconnaissance qu’il lit dans ses yeux ?
« Mais… Mais tu es là. Et tu as débloqué la porte ! Je vais pouvoir le nourrir, lui redonner des forces, et ensuite, ensuite, nous sortirons découvrir le monde ! »

Le sourire qu’elle lui adresse efface un instant, un instant seulement, le sens des paroles qu’elle vient de prononcer. Il l’a écoutée religieusement, conscient de la dangerosité de la demoiselle. La seule réaction qui lui vient à l’esprit, c’est de poser enfin la question qui le taraude depuis que son estomac est plein.
« Comment vous appelez-vous ? »
Il la vouvoie toujours, il n’arrive pas à se défaire de cette manie. Nullement décontenancée par la question, elle se penche vers lui, toujours souriante.
« Nouanda.
— Moi… Il déglutit, subitement gêné par cette proximité, Moi, c’est Conn… »
Elle pose un doigt sur ses lèvres, lui intimant le silence, s’exprimant d’une voix douce, un rien désolée.
« Un repas ne doit pas donner son nom, c’est plus facile ainsi. Tu comprends ? »
Tétanisé par cette invraisemblable situation, il reste immobile, hochant bêtement la tête, la bouche ouverte sur la fin de son prénom avortée dans sa bouche. Puis, mu par une impulsion soudaine, il retrouve l’usage de ses membres et bondit hors de portée de Nouanda. Légère erreur de calcul de sa part, s’il est assez loin de la brune – qui au passage n’a rien fait pour l’empêcher de bouger – il ne l’est plus du mort-vivant – appelons un chat un chat – qui n’est pas si immobile qu’il le parait.
Au contact de l’homme putréfié, Connor reprend ses esprits, l’esquive, passant derrière lui et enroule son arme – rudimentaire mais néanmoins efficace – autour de son cou. Il ne réfléchit pas, agit directement. Il tire pendant que les mains grises s’essaient à le griffer, le saisir.
« Non ! » Le cri résonne alors que le mal est fait – l’homme à la crête n’estime pas avoir mal fait, précisions-le – la tête de l’asiatique mâle roule au sol, séparée du reste du corps. Un corps mort est bien moins résistant qu’un vivant. Mais que dire d’un vivant face au désespoir d’une femme éduquée à tuer ?
Nouanda s’avance vers lui, elle ne court pas, elle ne crie pas non plus. Ses yeux ne démontrent rien, inexpressifs. Elle s’agenouille devant le cadavre qui pend mollement au bout de ses chaînes. Connor n’existant déjà plus pour elle, il n’est pas source de danger. Elle se saisit de la tête dont elle caresse les cheveux, tendrement, avant de déposer un chaste baiser sur les lèvres pourries. Geste qu’elle n’avait pu faire depuis qu’il avait été contaminé.
« Tu me manqueras. »
Court éloge funèbre à peine murmuré. Elle dépose la tête sur la table. Elle détache ensuite le corps et le hisse sur le meuble. Elle contemple le seul être qu’elle a aimé durant sa courte vie. Son frère, son double. Il ne fait pas bon s’attacher, on ne l’y reprendra plus.

Pendant ce temps, Connor a effectué une retraite tactique, profitant du fait qu’elle ne lui prête absolument plus attention pour s’éloigner, empruntant le couloir par où il est arrivé. Le chemin lui semble plus long qu’à l’aller, sans doute parce qu’il ne cesse de se retourner, redoutant de la voir surgir derrière lui.
Ses pensées fusent au rythme débridé de son palpitant. Il pense à voix basse.
« Reconnaissante, ben tiens ! Quel con tu fais Connor ! Tu voulais la faire passer à la casserole, hé ? Mais sérieux, qu’est ce qu’il t’a pris d’entrer dans un abri, comme ça… L’odeur ! Putain, tu la connais l’odeur de la viande avariée ! Depuis le début tu le savais ! Mais t’es un crevard, tu pensais juste à ton estomac et à son cul. Et là, ça va donner quoi ? Tu vas laisser une nana pareille te foutre une raclée ? Tu vas fuir la queue entre les jambes ? »
Il fuit, en effet, pestant toujours contre ces instincts qui ne différencient pas l’homme de l’animal. Au bout du couloir, il récupère son sac qu’il bourre de boites en tous genres, sans même se donner la peine de regarder les étiquettes. Il n’a pas le temps. Bretelles arrimées aux épaules, son arme souillée de chairs pourries prudemment enroulée et accrochée à sa ceinture, il se saisit de deux bonbonnes d’eau. Mulet chargé, il n’avance plus très vite à travers la grande salle. La nature des bougies lui apparaît tout à coup. Ce sont des chandelles. Une mèche et de la graisse, animale, ou humaine.
Parvenu au centre de la pièce, il prend conscience de la nouvelle difficulté qui s’offre à lui. La salle est desservie par pas moins d’une dizaine de boyaux différents. S’il croit identifier celui dont il vient, la véritable question est de savoir lequel il doit emprunter pour ressortir.
Tout à ses pensées gastronomiques, il n’a prêté aucune attention à la disposition des lieux en arrivant.

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