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13 octobre 2014

Rose Morte

Édité chez l'Homme Debout (comprendre L'homme sans nom... HSN) 
Ecrit par Céline Landressie. Les superbes couvertures sont l’œuvre de Magali Villeneuve.



Rose Morte, tome 1
Deux tomes sont déjà parus, il en reste donc trois à venir.
Rose Morte est ce qu'on appelle une... romance vampirique. Je n'aime toujours pas les étiquettes. Là, quand je vous dis "romance vampirique", vous vous dites (Ne niez pas) "Quoi ? Encore une ? Mais marre à la fin de ces histoires d'amour à l'eau de rose où les vampires brillent au soleil ! Et d'où elle lit des trucs comme ça, Yunette ? Je la croyais au dessus de ce genre de "littérature" !" (Suis pas loin, avouez...)

Bon, je vous rassure. On est loin de Twillight et autres Journal d'un vampire. (désolée si vous avez aimé, moi pas.) Déjà... C'est bien écrit. Pas juste "bien", d'ailleurs. Le vocabulaire est assez recherché pour être riche, sans pour autant être pédant. Juste milieu, nickel.
Ensuite, oui, bon, c'est une romance. Mais il y a de l'action, de un. Et de l'historique, de deux. On ne peut que se rendre compte que l'auteure a fait des recherches pour bien coller à l'Histoire. C'est appréciable.
Je n'ai pas vu que des bons points dans cette lecture, je vais passer sur ce qui, à mon goût, est un défaut. (mais vraiment à mon goût, parce qu'au final, c'est aussi normal d'avoir ça dans les romances !) : Les descriptions de fringues ! Il y a eu des instants où j'ai cru être dans les chapitres "Sansa" de Trône de Fer... Mais ça, c'est juste moi que ça saoule, hein ! Parce qu'elles sont tout à fait à leur place, au fond, ces descriptions.
Rose Morte, tome 2
L'autre truc, ce sont les réactions de Rose. Et celles d'Artus. On a envie de les secouer, de leur foutre des baffes ! Merde ! La communication ! C'est la base de tout ! Bande d'emmerdeurs ! Pas capables de se dire ce qu'ils pensent vraiment ! Vous faites chier ! (Comment ça, c'est juste une frustration de lectrice qui a aimé lire et s'est sentie liée à sa lecture ? Ah ? Ah bon... J'ai aimé, alors ? Sans doute. Sans aucun doute, puisque je vous en parle.)



Bref, Rose Morte, c'est bon, mangez-en ! Ou lisez-le, déjà, pour commencer.

Merci à Cali qui m'a fait découvrir cette saga ! ('plus qu'à lire "Gagner la Guerre", maintenant, miss ! ^^






Tome 1 : La floraison
France, fin du XVIème siècle. 
C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.
Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d'Artus de Janlys.
Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle...


Tome 2 : Trois épines
France, fin du XVIIIe siècle.
Alors que la révolte gronde aux quatre coins de la France, Rose est rappelée de la cour de Russie. De retour aux côtés de son mentor, elle découvre que la situation vacille également dans l’univers occulte d’Artus.
Les Arimath doivent faire face à de sauvages attaques sur leurs terres, tandis que la grogne contre la noblesse croît d’instant en instant parmi le peuple. Entre la révolution naissante et les prémices d’une guerre au sein du monde obscur, les bouleversements dans l’existence de Rose s’annoncent cataclysmiques. Leurs conséquences risquent fort de faire sombrer en un même chaos les existences des humains aussi bien que des immortels...

13 septembre 2014

La Dernière Terre

La Dernière Terre, tome 1
Anciennement édité chez l'Homme Debout
(comprendre L'homme Sans Nom : HSN)

Écrit par Magali Villeneuve(-Dainche) et co-scénarisé par Alexandre Dainche qui en a d'ailleurs fait les magnifiques couvertures. (Magalex, des gens qui sont bien, mangez-en !)


Que dire ?
Tant et plus.
Une saga prévue en six tomes (deux sortis), cataloguée, si on doit lui coller une étiquette, dans la dark fantasy.
Je n’aime pas les étiquettes. Alors je préfère le mettre dans les bons livres. Très bons, même. C’est complet ! Un monde intéressant, une histoire qui déchire, des personnages profonds, touchants, déroutants !
J’ai acquis les tomes 1 et 2 lors d’une séance de dédicaces. Je n’avais vu que rapidement des avis de blogueurs qui encensaient ces deux premiers tomes.
J’y suis allée, j’ai discuté avec Magali et Nalex, l’équipe gagnante. J’y suis allée les yeux fermés, après avoir découvert ces deux personnes, adorables, souriantes, sans même connaitre leur œuvre, j’ai pris plaisir à les rencontrer, déjà. 
Je leur ai un peu foutu la pression, pour rire, parce que j’achetais sans connaitre, parce qu’ils avaient intérêt d’être à la hauteur, tout ça ! Genre je peux me permettre de juger. J’ai abusé. Je le sais, mais ils l’ont pris pour ce que c’était, la crainte d’une future lectrice d’être déçue d’un achat coup de tête. 
J’ai attendu pour le lire. Un mois et demi. Parce que c’était mon cadeau d’anniversaire. C’est long. Et j’ai découvert un livre… 
Un livre à lire.
À dévorer. À savourer !


La Dernière Terre, tome 2
Je ne saurai pas décrire le plaisir que j’ai eu à cette lecture. Les dialogues sont succulents, drôles, les descriptions ne sont jamais chiantes, les actions sont claires et bien écrites… C’est frustrant ! Le vocabulaire est riche, fourni, sans pour autant être lourd. Non, vraiment, un pur plaisir. Sans parler des émotions qui nous habitent durant la lecture ! On enrage parce qu’untel a des réactions connes, on tremble parce qu’un autre souffre, on sourit, souvent, parce que deux autres se prennent la tête gentiment. On rit, même. Et là, surtout, on attend... la Suite !
J’ai un poil le sentiment de me répéter, mais je n’ai qu’une chose à dire : lisez-le !
 
Bon, et sinon, ce Tome Trois ?






Tome 1 : L'enfant Meredhian
Un monumental ruban de pierre se dresse en sentinelle au bord des brumes éternelles.
Les hommes leur ont donné un nom : la Dernière Terre.
Dans la cité-capitale des Cinq Territoires, Cahir, jeune homme frêle, maladif, aux mœurs et aux allures bien éloignées des codes stricts qui font loi autour de lui, subsiste envers et contre la réprobation générale. Il est issu des Giddires, un peuple rejeté, au ban de la paix politique qui unit les autres contrées. Malgré cela, entre intelligence et ingénuité, il parvient à se rapprocher de certains locaux, dont Ghent, fils du Haut-Capitaine à la tête des forces militaires des Basses-Terres.
Au fil de ces jours paisibles, s’il advenait un événement capable de bouleverser tous les dogmes établis, quel poids l’existence de Cahir aurait-elle dans la balance des certitudes ?

Tome 2 : Des certitudes
Dans les Cinq Territoires, les saisons débutent un autre cycle et à nouveau, la Grande Relève en marquera l’amorce. Renvoyé vers son pays d’origine, Cahir, rongé par l’amertume et hanté par ses souvenirs, tente de retrouver sa place parmi les siens.
Tandis que, dans la cité-capitale, l’on a préféré effacer toute trace du drame pour mieux l’oublier, certaines culpabilités, quoique silencieuses encore, commencent à peser lourd.
Derrière les murs inébranlables de la tour du Nolath, l’Igilh reçoit un message glaçant en provenance des Plaines de Tilh. Il lui faut prendre une réelle décision. De celles qui, dépendantes d’un seul homme, peuvent déterminer pourtant le devenir de chacun.

31 juillet 2013

"Gagner la guerre" de Jean-Philippe Jaworski

On m'en avait causé... "Gagner la guerre", de Jaworski... Ouais bon hein... Cet obscur titre doté d'un auteur au nom étrange a plus sonné comme un "Guerre et paix" revisité à mon oreille. Sachant que la première personne à m'en avoir parlé était du genre à dégoiser pendant des heures sur des sujets incertains... Ouais, de la pure branlette intellectuelle, ce gars. Bref, j'avais pas retenu...

Il y a peu, une amie m'a parlé de ce titre avec la mention "Je suis certaine que tu vas adorer". Autant parfois, je me méfie de ce genre d'avis, autant avec elle, j'ai eu confiance direct. Elle sait comment j'écris, je pense qu'elle sait aussi comment j'aimerais écrire... Et la petite note "c'est le "capitaine fromage" qui m'en avait parlé..." a terminé de me convaincre (oui, ce cher capitaine a un certain goût et un goût certain pour l'écriture, la bonne).

Aussi, lorsqu'un ami (Merci !) est allé aux Imaginales en me proposant (comme l'an passé où je me suis retrouvée avec un Mathieu Gaborit "Agone" et un Thomas Day "La maison aux fenêtres de papier" dédicacés) d'aller à la pêche aux dédicaces pour moi et que j'ai vu le nom de Jaworski dans les auteurs présents... J'ai sauté sur l'occasion.

L'ami l'a gardé en otage le temps de le lire... Précisant également que j'allais aimer...
 
Je l'ai reçu.
J'ai voulu le commencer, entre deux cartons.
J'ai arrêté.
À la deuxième page je me suis dit que ce livre méritait toute mon attention.
Que je n'avais pas le droit de le lire sans être réellement disponible.
Je l'ai rangé...
J'ai déménagé.
Je l'ai ressorti des cartons, en ai vidé quelques uns, puis me suis posée.

Putain, c'est bon !
Cet auteur me fait me sentir toute petite...
Il écrit avec la plume que j'aimerais posséder...
Il a des références certaines, ce qu'il avance est réel.
On ne s'improvise pas écrivain, nan...
J'ai encore bien des cours à prendre.

Ce qui devait arriver arriva. Je suis devenue groupie. J'suis foutue.

Et le pire, le pire est que l'auteur n'a encore que trois livres à son actif. Un recueil de nouvelles, "Janua Vera", traitant du même univers que le roman "Gagner la guerre", et la première branche, "Même pas mort", d'une trilogie à venir, "Roi du monde".

Il a aussi écrit deux jeux de rôles... "Te Deum pour un massacre" et "Tiers Âge".

Je n'ai lu que "Gagner la guerre", pour l'instant... Je suis tombée raide dingue de cette écriture. Des mots cherchés, soignés, un style bon, très bon, sans lourdeur... Mes yeux n'ont pas lâché les lignes, les phrases ont toutes été lues... Toutes.


Il n'est pas beau mon "Gagner la guerre" en édition limitée que même je l'avais commandé avant d'avoir fini de le lire en version poche ? Hmmmm ? (Le premier qui me dit "non"... je... je... Je l'invite à le lire pour arrêter de dire des conneries. Mais qu'il se l'offre, je ne m'en sépare pas ! Attention, je mords !)

Le seul défaut de l'opération, c'est que maintenant, j'en ai deux... (Et je n'en prête aucun... Parce qu'ils s'appellent "reviens", et même "pars pas" ! Manquerait plus qu'ils paument le chemin de ma bibli...)


Le défaut, disais-je, est d'en avoir deux et que je n'ai toujours pas "Janua Vera" ni "Même pas mort" !

Je fais comment pour satisfaire ma fringale de Jaworski, hein ? Je vous le demande, moi, m'sieur dames !
Si je m'écoutais, je ferais la manche...
À votre bon coeur !

...

Nan...

Je sais me tenir... Je vais être patiente. Douloureusement patiente... M'en offrir un dans le courant du mois... (Hein, oui, mon amour, hein) puis l'autre le mois prochain, pour amener tout ce beau monde se faire dédicacer à Lyon. Ouais. J'suis comme ça, moi.




Je vous fais chier et je ne vous dis même pas de quoi ça cause ? Normal, on s'en fout, c'est génial... Bon, je suis généreuse.


Benvenuto Gesufal est ce qu'on pourrait appeler l'homme de l'ombre du Podestat de la République (Leonide Ducatore) de Ciudalia.

Voici le début du livre :
"À peine le temps de me pencher au-dessus du bastingage : mon dernier repas, arrosé de piquette, a jailli hors de mes lèvres. Il a suivi une trajectoire fétide avant de se perdre dans l'écume et les vagues. Encore convulsé par les haut-le-coeur, j'ai essuyé les filaments baveux qui me poissaient le menton. Deux toises plus bas, l'océan se soulevait et bouillonnait, cinglé en cadence par les longues rangées de rames.
Je n'ai jamais aimé la mer.
Croyez-moi, les paltoquets qui se gargarisent sur la beauté des flots, ils n'ont jamais posé le pied sur une galère. La mer, ça secoue comme une rosse mal débourrée, ça crache et ça gifle comme une catin acariâtre, ça se soulève et ça retombe comme un tombereau sur une ornière; et c'est plus gras, c'est plus trouble et plus limoneux que le pot d'aisance de feu ma grand-maman. Beauté des horizons changeants et souffle du grand large ? Foutaises ! La mer, c'est votre cuite la plus calamiteuse, en pire et sans l'ivresse."

Oui, l'assassin de la guilde des chuchoteurs, le narrateur, commence son récit avec son mal de mer... C'est poétique, cette gerbe, on y verrait presque des fleurs !

Le personnage est un odieux salaud auquel on s'attache, à croire que Jaworski sait nous montrer les tares de ce fieffé menteur et arrive à nous les présenter comme autant de jolies choses... Ou presque.

À croire qu'il avait un couteau sous la gorge lorsqu'il a rédigé. Oui, l'auteur se targue de n'être qu'un scribouillard ayant écrit sous la dictée de notre héros ciudalien...

Qui croire ?

Dans le doute, si c'est vrai... je ne me permettrai pas de remettre en cause ces allégations.
Il fait flipper, le Benvenuto.









 

Mais pourquoi j'insiste avec ce bouquin ? Hein, pourquoi ?

Parce qu'il faut absolument (une obligation, c'est ça, vous me remercierez plus tard) que vous le lisiez, bordel de merde !

Si vous aimez l'écriture, si vous n'avez pas froid aux yeux... Courrez l'acheter, suppliez votre bibliothécaire de l'acquérir... Négociez pour vous le faire offrir !

Ce n'est qu'un bout d'avis, d'une groupie, si si, ma pomme.

Bref, "Gagner la guerre", c'est bon, mangez-en. À défaut, lisez-le.

Lire du Jaworski est, pour moi, la meilleure leçon d'humilité que je pouvais prendre.

Merci Monsieur.

16 juin 2011

Là où naissent les marques

Adolescente, j’ai découvert Werber. Je l’ai adopté, direct, dans le cercle très fermé de mes auteurs favoris. Si si. Faut dire que j’ai commencé par la trilogie des Fourmis et ai enchainé sur les Thanatonautes. De quoi vous faire kiffer.
J’ai kiffé.
L’écriture était fluide, le style agréable, l’idée de ponctuer le tout d’extraits d’une encyclopédie écrite par « un personnage » était vraiment bien trouvée… Et puis, les personnages qui se suivent au fil des bouquins, on s’y attache.
L’infiniment petit, puis la vie après la mort, deux sujets qui, à cet âge, m’intéressaient à fond. Toujours un peu d'ailleurs, on est adulescent ou on ne l’est pas.

J’ai lu plus tard, Le père de nos pères et L’ultime secret, j’y ai découvert Lucrèce et Isidore, j’ai appris à les connaitre, les apprécier.  Me représentant Lucrèce comme une jeune fille intéressante, rebelle, un personnage, un vrai. Isidore quant à lui m’a paru comme un homme désespéré de ce que les hommes faisaient de la Terre, mais pourri d’Espoir malgré tout. En la nature humaine.
Les théories dans ces livres, toujours un peu barrées, moi j’aime ça. Donc, je n’ai pas détesté, ça n’était déjà plus la lecture de L’Auteur avec un grand A.

Dans l’idée, en famille, on savait que j’aimais bien cet auteur, donc, Noel, anniversaire, je n’y coupais pas. J’ai donc obtenu la suite des Thanatonautes… Et j’ai eu l’impression de relire la même histoire mais dans un lieu différent. Il se passe sensiblement la même chose, le plan de l’histoire est le même, bref, redondant et sans intérêt. Je ne me suis d’ailleurs pas donnée la peine de lire le dernier tome du cycle des Dieux.

Et puis je dois avouer que les bouts d'encyclopédie me gavent, à force.

Nos amis les humains, j’en garde un bon souvenir, malgré une impression de déjà lu, réminiscences de Gulliver.  Le livre du voyage… dort dans ma bibliothèque. Je n’ai pas trouvé le moment où j’étais dans le bon état d’esprit ET que j’avais envie de le lire…

Ses nouvelles… Ses nouvelles sont justes géniales ! J’adore ! Je prends mon pied, vraiment ! J’ai envie d’en lire encore plus, de voir où cet esprit nous emmène, et sans difficulté !
La BD, aussi, j’ai aimé. La patte du dessinateur aide beaucoup, faut dire. L’histoire est bonne…  ça, j’attends la suite.

Le papillon des étoiles, j’ai aimé. Même si j’avais deviné la fin dès le début du bouquin… Prévisible. Voilà un terme qui pourrait correspondre à Werber, désormais.

Le Miroir de Cassandre… Un bon moment de lecture, sympathique, réellement. L’histoire est bien trouvée, le village dans la décharge, par exemple, les personnages qu’ont une gueule, non, vraiment, j’avais retrouvé un peu le gout de la surprise.

Et là, là, j’ai eu droit à une surprise, et quelle surprise ! J’ai lu le Rire du Cyclope. Enfin, j’ai essayé. Je n’ai pas dépassé les 150 pages. C’est vraiment rare que je bloque sur un bouquin, vraiment. Finalement, il fait dans l'imprévu...
Base du livre, la nouvelle « Là où naissent les blagues »… Une très bonne nouvelle, vraiment, qui se suffisait à elle-même, mais parait que les fans ont voté… On vous a jamais dit qu’il fallait écrire ce qu’on voulait, pas ce qu’on nous demandait ? « Les fans l’ont demandé, alors, même si c’est nul, je le leur sers. »
Déjà, la BQT… Oh mais qu’est ce que c’est donc que cette chose qui a tué le comique ? Parce que oui, oui, Lucrèce, elle est très forte, même qu’elle sait déjà, elle en est persuadée, que c’est un assassinat. Et puis même qu’elle trouve des indices que les flics ils n’ont même pas cherchés, parce que, cons comme ils sont, ils vérifient rien du tout. Tout le monde sait que les célébrités qui meurent d’une crise cardiaque, on vérifie pas qu’on les a aidés…
BQT, donc, qu’il est noté. Et puisque c’est tiré de Là où naissent les blagues, on ne se doute pas du tout, mais pas du tout du tout qu’il s’agit de la « Blague Qui Tue » (la blague qui tue trop de la mort, c’est qu’en plus, je dis ça, mais j’ai pas été vérifier hein, puisque je n’ai pas fini le livre…
Bon, encore, jusque là, on se dit « bon, elle n’a pas aimé l’histoire »… Mais s’il n’y avait que ça ! C’est écrit avec les pieds ! Et encore !
Lucrèce prend des photos avec son « appareil reflex Nikon équipé de flash »… Là, j’ai envie de dire What The Fuck ? Elle prend des photos, ok. Qu’est ce qu’on en a à foutre que ça soit avec une putain de marque, voire même juste, que l’appareil soit un reflex ! Ce qui compte, c’est qu’elle la prend, sa photo !

Et ça, c’est rien… À un moment, la jolie rousse, habillée, comme toujours ou presque, d’une chemise chinoise sans manche, rouge, avec un dragon dessus… Oui, oui, on a droit à quasi la même description (c’est la position du dragon brodé qui change…) plusieurs fois… Dites, vous vous en foutez de sa tenue, vous, non ? Ben moi aussi…
Bref, à un moment, donc, elle « remonte sur side-car Moto Guzzi 1200 cm3. Elle branche sur son Blackberry Fear of the Dark – Peur de l’obscurité –, du groupe de hard rock anglais, Iron Maiden. » Un peu plus loin,  « Elle tourne la manette des gaz pour faire grimper l’aiguille jusqu’à 130 kilomètres-heure. »
Là, sérieux, soit il est payé au nombre de caractères, soit il a oublié que tout ne mérite pas d’être écrit. Ou alors il se fout complètement de notre tronche. C’était pas possible de faire la même sans les choses inutiles et sans les marques ?
Un truc du genre : « Fear of the Dark d’Iron Maiden dans les oreilles, elle pousse son side jusqu’à 130. » Oh putain ! J’ai tout dit ! Et sans sponsor !

Bon, je rajoute que la rousse, là, elle bouffe du Nutella ? Oui oui, noté comme ça. Parce qu’elle va pas bien… Et comble du comble, ses remonteurs de moral sont, dans l’ordre, son coiffeur, une cartomancienne et un psy… Bon, les deux suivants encore… Mais le coiffeur ? Lucrèce chez le coiffeur ?
Et oui, il faut savoir que la jolie, là, elle a peur d’avoir les cheveux qui frisent à cause de la pluie ! Et si… Faut dire que c’est hyper important…

Alors, je veux bien que Werber soit apprécié des lectrices d’Elle. Ok. Mais bordel ! Il l’était en écrivant normalement, il n’a pas à se croire obligé d’écrire pour des pouffiasses dégénérées qui ne pensent que par leurs tenues, leurs coiffures, la marque de leur téléphone, de leur appareil photo, de leur moto… Lucrèce, le personnage d’origine, on l’aimait bien, là, elle est juste détestable. Sérieux, une meuf comme ça, je rêve que d’une chose, que la Thénardier lui envoie un front kick dans sa face.

Et les supers bouts de soit-disant bouquins d'histoire de l'humour...  Bien trop capilotracé pour être un rien crédible. Auparavant, au moins, ça se tenait.

Blagues parsemées au fil du texte, du genre "celle ci, elle va vous faire rire, je vous l'assure"... Ouais, pourtant il l'explique bien, dans son bouquin, qu'il ne faut jamais dire ça. (mais si elles ne sont pas censées nous faire rire, qu'est-ce qu'elles foutent là ?)


J’entends déjà les critiques fuser, du genre « mais toi, avant de casser comme ça, fais-en déjà le quart, et ensuite on en reparle »… À cela, je peux répondre que, déjà, je ne suis qu’une plumette débutante que plus tard je ferai mieux et bla, et bla, et bla, patati et pattes en l’air… Que je ne me permets pas d’écrire de la daube pour la vendre à prix d’or, que là, c’est pas de la confiture qu’on donne à des cochons, mais plutôt le contenu de l’auge de la bête donné aux humains.

Mais je peux surtout dire que là, je réagis en tant que lectrice. Bordel, comment peut-on se foutre autant de la gueule du monde quand on a cette notoriété ? Sortir un bouquin pour sortir un bouquin, ça n’a aucun intérêt. Si on accouche d’une merde, on doit au moins avoir la décence de le reconnaitre et ne pas proposer ça aux lecteurs !

Les gens attendent d’un bon auteur qu’il continue à l’être. Werber, maintenant, je m’en contenterai à la bibliothèque municipale, et encore. Sans doute, dans la mienne, va-t-il être relégué à la planche du bas.
Ben oui, imaginez la scène :
« Oh, c’est quoi ça ? T’en as plein, je t’en emprunte un ! Vu le nombre, ça doit être bon… »
« Euh ben, en fait, il n’y a que ceux-là de bien, les autres, évite… »
« Ben pourquoi t’en as autant alors ? »
« Parce que… Parce qu’au début, j’aimais bien, après il a fait du moins bien, mais j’ai gardé espoir, tu sais combien je suis naïve… »
J’aime pas le reconnaitre, mais là, pourtant

Je suis déçue. Profondément. Werber, le bon, n’est plus. J'en suis même triste, en fait.