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13 octobre 2014

Rose Morte

Édité chez l'Homme Debout (comprendre L'homme sans nom... HSN) 
Ecrit par Céline Landressie. Les superbes couvertures sont l’œuvre de Magali Villeneuve.



Rose Morte, tome 1
Deux tomes sont déjà parus, il en reste donc trois à venir.
Rose Morte est ce qu'on appelle une... romance vampirique. Je n'aime toujours pas les étiquettes. Là, quand je vous dis "romance vampirique", vous vous dites (Ne niez pas) "Quoi ? Encore une ? Mais marre à la fin de ces histoires d'amour à l'eau de rose où les vampires brillent au soleil ! Et d'où elle lit des trucs comme ça, Yunette ? Je la croyais au dessus de ce genre de "littérature" !" (Suis pas loin, avouez...)

Bon, je vous rassure. On est loin de Twillight et autres Journal d'un vampire. (désolée si vous avez aimé, moi pas.) Déjà... C'est bien écrit. Pas juste "bien", d'ailleurs. Le vocabulaire est assez recherché pour être riche, sans pour autant être pédant. Juste milieu, nickel.
Ensuite, oui, bon, c'est une romance. Mais il y a de l'action, de un. Et de l'historique, de deux. On ne peut que se rendre compte que l'auteure a fait des recherches pour bien coller à l'Histoire. C'est appréciable.
Je n'ai pas vu que des bons points dans cette lecture, je vais passer sur ce qui, à mon goût, est un défaut. (mais vraiment à mon goût, parce qu'au final, c'est aussi normal d'avoir ça dans les romances !) : Les descriptions de fringues ! Il y a eu des instants où j'ai cru être dans les chapitres "Sansa" de Trône de Fer... Mais ça, c'est juste moi que ça saoule, hein ! Parce qu'elles sont tout à fait à leur place, au fond, ces descriptions.
Rose Morte, tome 2
L'autre truc, ce sont les réactions de Rose. Et celles d'Artus. On a envie de les secouer, de leur foutre des baffes ! Merde ! La communication ! C'est la base de tout ! Bande d'emmerdeurs ! Pas capables de se dire ce qu'ils pensent vraiment ! Vous faites chier ! (Comment ça, c'est juste une frustration de lectrice qui a aimé lire et s'est sentie liée à sa lecture ? Ah ? Ah bon... J'ai aimé, alors ? Sans doute. Sans aucun doute, puisque je vous en parle.)



Bref, Rose Morte, c'est bon, mangez-en ! Ou lisez-le, déjà, pour commencer.

Merci à Cali qui m'a fait découvrir cette saga ! ('plus qu'à lire "Gagner la Guerre", maintenant, miss ! ^^






Tome 1 : La floraison
France, fin du XVIème siècle. 
C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.
Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d'Artus de Janlys.
Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle...


Tome 2 : Trois épines
France, fin du XVIIIe siècle.
Alors que la révolte gronde aux quatre coins de la France, Rose est rappelée de la cour de Russie. De retour aux côtés de son mentor, elle découvre que la situation vacille également dans l’univers occulte d’Artus.
Les Arimath doivent faire face à de sauvages attaques sur leurs terres, tandis que la grogne contre la noblesse croît d’instant en instant parmi le peuple. Entre la révolution naissante et les prémices d’une guerre au sein du monde obscur, les bouleversements dans l’existence de Rose s’annoncent cataclysmiques. Leurs conséquences risquent fort de faire sombrer en un même chaos les existences des humains aussi bien que des immortels...

13 septembre 2014

La Dernière Terre

La Dernière Terre, tome 1
Anciennement édité chez l'Homme Debout
(comprendre L'homme Sans Nom : HSN)

Écrit par Magali Villeneuve(-Dainche) et co-scénarisé par Alexandre Dainche qui en a d'ailleurs fait les magnifiques couvertures. (Magalex, des gens qui sont bien, mangez-en !)


Que dire ?
Tant et plus.
Une saga prévue en six tomes (deux sortis), cataloguée, si on doit lui coller une étiquette, dans la dark fantasy.
Je n’aime pas les étiquettes. Alors je préfère le mettre dans les bons livres. Très bons, même. C’est complet ! Un monde intéressant, une histoire qui déchire, des personnages profonds, touchants, déroutants !
J’ai acquis les tomes 1 et 2 lors d’une séance de dédicaces. Je n’avais vu que rapidement des avis de blogueurs qui encensaient ces deux premiers tomes.
J’y suis allée, j’ai discuté avec Magali et Nalex, l’équipe gagnante. J’y suis allée les yeux fermés, après avoir découvert ces deux personnes, adorables, souriantes, sans même connaitre leur œuvre, j’ai pris plaisir à les rencontrer, déjà. 
Je leur ai un peu foutu la pression, pour rire, parce que j’achetais sans connaitre, parce qu’ils avaient intérêt d’être à la hauteur, tout ça ! Genre je peux me permettre de juger. J’ai abusé. Je le sais, mais ils l’ont pris pour ce que c’était, la crainte d’une future lectrice d’être déçue d’un achat coup de tête. 
J’ai attendu pour le lire. Un mois et demi. Parce que c’était mon cadeau d’anniversaire. C’est long. Et j’ai découvert un livre… 
Un livre à lire.
À dévorer. À savourer !


La Dernière Terre, tome 2
Je ne saurai pas décrire le plaisir que j’ai eu à cette lecture. Les dialogues sont succulents, drôles, les descriptions ne sont jamais chiantes, les actions sont claires et bien écrites… C’est frustrant ! Le vocabulaire est riche, fourni, sans pour autant être lourd. Non, vraiment, un pur plaisir. Sans parler des émotions qui nous habitent durant la lecture ! On enrage parce qu’untel a des réactions connes, on tremble parce qu’un autre souffre, on sourit, souvent, parce que deux autres se prennent la tête gentiment. On rit, même. Et là, surtout, on attend... la Suite !
J’ai un poil le sentiment de me répéter, mais je n’ai qu’une chose à dire : lisez-le !
 
Bon, et sinon, ce Tome Trois ?






Tome 1 : L'enfant Meredhian
Un monumental ruban de pierre se dresse en sentinelle au bord des brumes éternelles.
Les hommes leur ont donné un nom : la Dernière Terre.
Dans la cité-capitale des Cinq Territoires, Cahir, jeune homme frêle, maladif, aux mœurs et aux allures bien éloignées des codes stricts qui font loi autour de lui, subsiste envers et contre la réprobation générale. Il est issu des Giddires, un peuple rejeté, au ban de la paix politique qui unit les autres contrées. Malgré cela, entre intelligence et ingénuité, il parvient à se rapprocher de certains locaux, dont Ghent, fils du Haut-Capitaine à la tête des forces militaires des Basses-Terres.
Au fil de ces jours paisibles, s’il advenait un événement capable de bouleverser tous les dogmes établis, quel poids l’existence de Cahir aurait-elle dans la balance des certitudes ?

Tome 2 : Des certitudes
Dans les Cinq Territoires, les saisons débutent un autre cycle et à nouveau, la Grande Relève en marquera l’amorce. Renvoyé vers son pays d’origine, Cahir, rongé par l’amertume et hanté par ses souvenirs, tente de retrouver sa place parmi les siens.
Tandis que, dans la cité-capitale, l’on a préféré effacer toute trace du drame pour mieux l’oublier, certaines culpabilités, quoique silencieuses encore, commencent à peser lourd.
Derrière les murs inébranlables de la tour du Nolath, l’Igilh reçoit un message glaçant en provenance des Plaines de Tilh. Il lui faut prendre une réelle décision. De celles qui, dépendantes d’un seul homme, peuvent déterminer pourtant le devenir de chacun.

26 février 2014

Bonne nouvelle !

Je sais... Oui, je sais. J'ai lu à fond ces derniers temps et je ne vous ai même pas offert le moindre avis, la moindre critique sur mes lectures. Ok. Frappez moi, allez y !

Par contre, bon, ok, là aussi je suis à la bourre, puisque c'était la semaine dernière, mais j'ai une nouvelle, que certains ont lus, inachevée à l'époque, qui est publiée dans une revue électronique.
Oui, bon hein, j'ai beau préférer le papier, quand on m'accorde un petit contrat d'édition pour une nouvelle, je ne vais pas cracher dessus !

Merci donc à La Matière Noire, qui a créé Short Stories Etc...
On m'y retrouve dans le numéro 7, à savoir celui du 19 février, pour la nouvelle "moins que rien".

Ah, oui, c'est payant, mais l'abonnement à l'année, pour 3 nouvelles par semaine n'est pas abusé ! Et au pire, prenez celui d'un mois !

Allez, vous en êtes ?

Avis aux plumes, Victorien cherche des textes encore, hein, il y a de la place !


Cliquez sur l'image !



Numéro #7 - Short Stories Etc. Le magazine de la nouvelle.

31 juillet 2013

"Gagner la guerre" de Jean-Philippe Jaworski

On m'en avait causé... "Gagner la guerre", de Jaworski... Ouais bon hein... Cet obscur titre doté d'un auteur au nom étrange a plus sonné comme un "Guerre et paix" revisité à mon oreille. Sachant que la première personne à m'en avoir parlé était du genre à dégoiser pendant des heures sur des sujets incertains... Ouais, de la pure branlette intellectuelle, ce gars. Bref, j'avais pas retenu...

Il y a peu, une amie m'a parlé de ce titre avec la mention "Je suis certaine que tu vas adorer". Autant parfois, je me méfie de ce genre d'avis, autant avec elle, j'ai eu confiance direct. Elle sait comment j'écris, je pense qu'elle sait aussi comment j'aimerais écrire... Et la petite note "c'est le "capitaine fromage" qui m'en avait parlé..." a terminé de me convaincre (oui, ce cher capitaine a un certain goût et un goût certain pour l'écriture, la bonne).

Aussi, lorsqu'un ami (Merci !) est allé aux Imaginales en me proposant (comme l'an passé où je me suis retrouvée avec un Mathieu Gaborit "Agone" et un Thomas Day "La maison aux fenêtres de papier" dédicacés) d'aller à la pêche aux dédicaces pour moi et que j'ai vu le nom de Jaworski dans les auteurs présents... J'ai sauté sur l'occasion.

L'ami l'a gardé en otage le temps de le lire... Précisant également que j'allais aimer...
 
Je l'ai reçu.
J'ai voulu le commencer, entre deux cartons.
J'ai arrêté.
À la deuxième page je me suis dit que ce livre méritait toute mon attention.
Que je n'avais pas le droit de le lire sans être réellement disponible.
Je l'ai rangé...
J'ai déménagé.
Je l'ai ressorti des cartons, en ai vidé quelques uns, puis me suis posée.

Putain, c'est bon !
Cet auteur me fait me sentir toute petite...
Il écrit avec la plume que j'aimerais posséder...
Il a des références certaines, ce qu'il avance est réel.
On ne s'improvise pas écrivain, nan...
J'ai encore bien des cours à prendre.

Ce qui devait arriver arriva. Je suis devenue groupie. J'suis foutue.

Et le pire, le pire est que l'auteur n'a encore que trois livres à son actif. Un recueil de nouvelles, "Janua Vera", traitant du même univers que le roman "Gagner la guerre", et la première branche, "Même pas mort", d'une trilogie à venir, "Roi du monde".

Il a aussi écrit deux jeux de rôles... "Te Deum pour un massacre" et "Tiers Âge".

Je n'ai lu que "Gagner la guerre", pour l'instant... Je suis tombée raide dingue de cette écriture. Des mots cherchés, soignés, un style bon, très bon, sans lourdeur... Mes yeux n'ont pas lâché les lignes, les phrases ont toutes été lues... Toutes.


Il n'est pas beau mon "Gagner la guerre" en édition limitée que même je l'avais commandé avant d'avoir fini de le lire en version poche ? Hmmmm ? (Le premier qui me dit "non"... je... je... Je l'invite à le lire pour arrêter de dire des conneries. Mais qu'il se l'offre, je ne m'en sépare pas ! Attention, je mords !)

Le seul défaut de l'opération, c'est que maintenant, j'en ai deux... (Et je n'en prête aucun... Parce qu'ils s'appellent "reviens", et même "pars pas" ! Manquerait plus qu'ils paument le chemin de ma bibli...)


Le défaut, disais-je, est d'en avoir deux et que je n'ai toujours pas "Janua Vera" ni "Même pas mort" !

Je fais comment pour satisfaire ma fringale de Jaworski, hein ? Je vous le demande, moi, m'sieur dames !
Si je m'écoutais, je ferais la manche...
À votre bon coeur !

...

Nan...

Je sais me tenir... Je vais être patiente. Douloureusement patiente... M'en offrir un dans le courant du mois... (Hein, oui, mon amour, hein) puis l'autre le mois prochain, pour amener tout ce beau monde se faire dédicacer à Lyon. Ouais. J'suis comme ça, moi.




Je vous fais chier et je ne vous dis même pas de quoi ça cause ? Normal, on s'en fout, c'est génial... Bon, je suis généreuse.


Benvenuto Gesufal est ce qu'on pourrait appeler l'homme de l'ombre du Podestat de la République (Leonide Ducatore) de Ciudalia.

Voici le début du livre :
"À peine le temps de me pencher au-dessus du bastingage : mon dernier repas, arrosé de piquette, a jailli hors de mes lèvres. Il a suivi une trajectoire fétide avant de se perdre dans l'écume et les vagues. Encore convulsé par les haut-le-coeur, j'ai essuyé les filaments baveux qui me poissaient le menton. Deux toises plus bas, l'océan se soulevait et bouillonnait, cinglé en cadence par les longues rangées de rames.
Je n'ai jamais aimé la mer.
Croyez-moi, les paltoquets qui se gargarisent sur la beauté des flots, ils n'ont jamais posé le pied sur une galère. La mer, ça secoue comme une rosse mal débourrée, ça crache et ça gifle comme une catin acariâtre, ça se soulève et ça retombe comme un tombereau sur une ornière; et c'est plus gras, c'est plus trouble et plus limoneux que le pot d'aisance de feu ma grand-maman. Beauté des horizons changeants et souffle du grand large ? Foutaises ! La mer, c'est votre cuite la plus calamiteuse, en pire et sans l'ivresse."

Oui, l'assassin de la guilde des chuchoteurs, le narrateur, commence son récit avec son mal de mer... C'est poétique, cette gerbe, on y verrait presque des fleurs !

Le personnage est un odieux salaud auquel on s'attache, à croire que Jaworski sait nous montrer les tares de ce fieffé menteur et arrive à nous les présenter comme autant de jolies choses... Ou presque.

À croire qu'il avait un couteau sous la gorge lorsqu'il a rédigé. Oui, l'auteur se targue de n'être qu'un scribouillard ayant écrit sous la dictée de notre héros ciudalien...

Qui croire ?

Dans le doute, si c'est vrai... je ne me permettrai pas de remettre en cause ces allégations.
Il fait flipper, le Benvenuto.









 

Mais pourquoi j'insiste avec ce bouquin ? Hein, pourquoi ?

Parce qu'il faut absolument (une obligation, c'est ça, vous me remercierez plus tard) que vous le lisiez, bordel de merde !

Si vous aimez l'écriture, si vous n'avez pas froid aux yeux... Courrez l'acheter, suppliez votre bibliothécaire de l'acquérir... Négociez pour vous le faire offrir !

Ce n'est qu'un bout d'avis, d'une groupie, si si, ma pomme.

Bref, "Gagner la guerre", c'est bon, mangez-en. À défaut, lisez-le.

Lire du Jaworski est, pour moi, la meilleure leçon d'humilité que je pouvais prendre.

Merci Monsieur.

27 octobre 2011

À l’amour, à la mort.

Mon cœur est une prison que la raison ignore… Je cherche, me cherche et finalement te trouve. Toi, toi qui vis enfermée, dans la maison que je nous imagine, entre quatre murs, dans la rigueur de ma passion. Ton corps est mon réceptacle, victime de mes pulsions. Tu vis, tu survis, subissant mes assauts, sous l’invasion de ton être par ma déraison.

« Ça n’est pas une sinécure », me dis-tu souvent. Je le conçois. Difficile de vivre à mon rythme, selon mon envie, mon désir. Je dis, tu survis, ainsi soit-il, ainsi est-ce. Le choix ? Qu’en ferais-tu ? Tartine oubliée au fond d’un grille-pain, durant des mois, des années. Asséchée pour mieux moisir lorsque le temps s’humidifie… Je t’ai croquée, dévorée, nue, sans autre apparat que la couche noirâtre qui te couvrait, craquante sous mes dents affamées.

Tu voudrais des poèmes, un sonnet, une ode ! Pourquoi pas un haïku tant que tu y es ?

« Déguster ta vie
Mes délices, tes supplices
Douceur à l’envi »

Mes sourires ne te plaisent plus, les tiens me font penser à une vieille courge oubliée après une soirée de fin octobre ratée… Cucurbitacée bridée, tracas lisibles sur un visage ravagé. Peau fripée m’évoquant une choucroute dégarnie. Tu pleures et me supplies. Cesse de tirer sur ces cordes ! La poutre ne lâchera pas, n’aie crainte… Ou plutôt n’espère pas.  N’espère plus.

Tu es mienne, ma chose, mon jouet. N’aspire à rien d’autre qu’à vivre selon mes lois, mes règles. Cœur cousu, lié par mes sentiments déviants, dévastation du corps pour mieux t’amener à accepter. Puisque l’impensable est inévitable, détends-toi et profite. Tu le peux, le sais-tu ? Tu es capable d’aimer cela, il te suffit de l’admettre, il te suffit de m’aimer.

Haïs-moi, fais le bien, réellement, du fond du cœur, si tu le fais bien, tu comprendras, tu sauras enfin que je ne fais cela que pour ton bien. Je pense à toi, chaque instant qui passe, chaque seconde égrenée… Comment t’oublier ? Toujours tes cris résonnent à mon oreille, toujours j’entends ta voix.

Je m’occupe de toi, enfin. Ne disais-tu pas avoir toujours été ignorée ? Avoir rêvé être enfin le centre des songes de quelqu’un. Tu l’es. Je ne pense qu’à toi et aux nouveaux jeux que nous essaierons. Non… Je ne t’oublie pas.

Jamais.

Tu es mienne, tu l’as dit toi-même, tu es mienne et le seras encore, toujours, à jamais.

Sais-tu que la réciproque est vraie ? Je suis tien, ton cauchemar, ton quotidien, ton bourreau, ton âme frère, l’homme auprès de qui tu finiras tes jours.

Bienvenue dans la prison qui enserre mon cœur, bienvenue chez toi, mon cœur.

22 juin 2011

Question de point de vue

Ames sensibles s'abstenir... Question de point de vue, à lire initialement chez Luna & Cow. 

 

 Vision une.

Il est beau. Très. Les autres le trouvent mignon, veulent le caresser, tendent leurs mains avides vers lui. Je refuse. Je les repousse, jalousement. Il est à moi, rien qu’à moi, il n’y a qu’à moi qu’il s’agrippe ainsi, hors de question qu’il leur prodigue ces gestes qu’il me réserve ! Je ne le souffrirais pas.

Déjà qu’il leur sourit. Je fonds. Je brûle. Comment ose-t-il en regarder d’autres que moi ? Je suis toujours là pour lui, je m’occupe de ses vêtements, de sa nourriture, parfois. De son bain,  même ! Je lui prodigue des caresses, le console… Ah, ça ! Quand ça ne va pas, il sait me trouver ! Tout pour son bien être, tout.

Pourtant, ce sont ses seins à elle qu’il préfère, ce sont eux qu’il mord, qu’il malaxe, saisit à pleines mains. Ce sont eux dont sa bouche s’occupe, vorace. Ce sont eux qu’il prend entre ses lèvres, et il n’est pas le seul ! Moi je lui ai proposé les miens, mais non, môssieur fait la fine bouche. Ils restent ses préférés, alors qu’il les partage avec un autre. Et n’accorde pas un regard aux miens. L’autre non plus d’ailleurs. Messieurs font la fine bouche.

Je hais cette paire de nibards qui font le double de ceux que je porte, je la hais plus que tout, et celle qui les possède avec. Son sourire si doux, leurs regards intenses tandis qu’il lui dévore les mamelons. Elle a l’air de prendre son pied en plus ! Et sans pudeur, devant moi, devant n’importe qui, en fait. Et moi. Moi qui les observe. Je peux goûter ? Moi aussi je veux les titiller, les caresser, les porter à ma bouche et la regarder dans les yeux, cette madame j’ai tout ce qu’il faut où il faut. Je la hais, cette femme, je la hais. Mais je la veux.

Je veux… Je veux la goûter, l’embrasser, la caresser… Et l’évincer, surtout. Je la veux pour mieux la connaitre, pour mieux prendre sa place. Elle est si belle… Si belle. Des formes pleines, si pleines, si rondes… Et ils l’aiment tant. Ils n’ont d’yeux que pour elle. Mais ce sont ses seins qui le nourrissent, son cul qu’il emplit. Il est mignon le mien pourtant ! Jalouse ? Moi ? Mais oui ! Très, trop, je n’en peux plus…

Il faut que je me calme. « Cachez ce sein que je ne saurais voir, madame, rangez le, rangez les. Sous clef ! » Voilà ce que je voudrais lui hurler… Qu’il ne me vienne pas une irrépressible envie d’y poser ma bouche, de comprendre, enfin, ce qu’ils leur trouvent de plus qu’aux miens, leur taille mise à part. Son fils, je me doute, je ne dégouline pas de lait en tachant mes chemisiers, moi… Mais lui ! Lui… Comment peut-il la préférer à moi ? Je veux qu’ils me voient comme ils la voient. Et qu’ils me touchent de même, mieux encore.

Je voudrais être elle, et ne suis que son employée. Jeune fille au pair. A-t-on idée ? Je voulais voir du pays, changer d’air, quand je suis arrivée devant leur demeure, j’ai été séduite de suite. Et quand j’ai vu son époux… Conquise. Madame était encore enceinte à cette époque. Pour moi, c’était tout gagné. J’en étais sûre, avant quelques jours il devait se trouver dans mon lit. Pensez-vous ! Pas un regard pour moi, je n’étais que la personne qui devait aider pour les enfants.

D’enfant, il n’y en eut qu’un. Elle est revenue de la maternité avec un seul couffin, a remisé tout ces doubles, inutiles désormais. Là encore, j’ai eu espoir de le voir s’intéresser à moi, mais non, il ne songeait qu’à elle. Sa tristesse, son bien être. Je me suis dit alors qu’il me fallait être son amie, qu’ainsi seulement il me remarquerait. Et c’est qu’on s’entend bien, madame, non ?

Aujourd’hui, il a daigné m’adresser la parole ! C’est le plus beau jour de ma vie, madame ! Je vous adore d’avoir tel mari ! Il m’a demandé si ce soir, je pouvais venir le voir dans son bureau. Il veut, m’a-t-il dit, m’entretenir de quelque chose à votre sujet. Je me ferai attentive, madame. Je vous veux, je veux votre vie. Je le veux, lui.

Je le veux, et je l’aurai !

 

Vision deux.

J’ai souri, j’ai ri, même ! J’aurais pas dû. Elle était pas contente, encore. J’aime pas quand elle est pas contente, ça lui rend les yeux tristes, comme maman. Enfin, pas autant triste. Maman c’est du triste de c’est comme ça qu’on peut rien y faire, elle c’est du triste de la jalouse. Faut pas qu’elle est jalouse, je l’aime bien moi la fille à la jeune paire.

Elle est bizarre, des fois elle est sourire, elle rit, elle me fait des papouilles, mais si je ris à d’autres, elle est pas d’accord, elle me remet dans la poussette, et on rentre le bébé est fatigué. Je suis pas fatigué, moi ! Elle regarde maman bizarre aussi, pas comme elle me regarde moi, non, comme… Je sais pas. Comme si elle voulait être elle.

Elle a voulu me faire manger comme maman, quand j’étais plus petit. Mais c’était pas comme maman. Déjà, ça sentait pas le manger. En plus… Ben y avait pas du manger ! J’ai mordu et j’ai pleuré. Alors elle m’a emmené voir maman. Elle était pas contente, mais moi, si, et j’ai mangé maman. Rien de meilleur. J’aime manger maman.

Des fois, c’est papa qui mange quand j’ai fini, je les vois depuis mon lit. Papa il fait des bruits de sa bouche, il bouge et maman elle fait rien. Elle a peur. Je sais ça. Elle a pas peur de papa, non, elle a peur que son ventre il a un autre comme moi dedans. Je sais pas comment je sais ça, je sais pas du tout. Mais je sais tout.

Maman, quand elle me donne à manger, elle me regarde dedans les yeux. Mais dans ses yeux à elle, en plus de tout l’amour de le monde, je vois des larmes. Comme que si elle était triste. Moi je sais pourquoi qu’elle est triste. C’est comme moi avec mon creux tout en dedans. J’ai l’impression que jamais il sera plein… Et j’ai mal à la tête, souvent, c’est la migraine, on dit.

C’est toi qui me manques. Là bas, on était deux. Bien serrés dans l’eau, c’était bien. Il faisait chaud et puis ça remuait. Un jour, c’était moins drôle, ça s’est mis à se serrer de partout, toi tu t’es retrouvé tout coincé, avec le tuyau autour de la gorge. J’ai vu dans tes yeux que ça ne t’amusait plus, mais je ne pouvais rien faire ! Moi, on m’entrainait vers le bas, par les pieds, et le tuyau se tendait, serrait plus parce qu’il était aussi autour de moi. Et je te regardais.

Je suis sorti le premier. Et on m’a mis dans une boite. Et puis j’ai entendu crier, pleurer, crier… Des bruits qui m’ont fait peur, j’ai pleuré. On m’a emmené, la jeune fille, elle m’a pris plus loin, papa et maman étaient occupés, ils pleuraient. Maman elle te serrait contre elle, elle avait demandé, elle te serrait en disant que non non non c’était pas possible. Et moi je voulais ses bras.

Après, je t’ai jamais revu. Jamais. Je me rappelle tes yeux qui me regardaient tandis que je sortais de maman. Et je pleure. Et maman me prend dans ses bras. Et papa grogne. Et moi, je me tais, comme ça il grogne pas contre ce bébé qui sait pas se taire. Et pas contre maman non plus. Maman, faut pas avoir peur, t’auras pas un autre bébé, et si t’en as un, il sortira vivant.

Mais maman… Si t’en as un autre, hein, tu m’aimeras encore, hein ? Je voulais pas le tuer en sortant, moi, je voulais pas. J’ai pas fait d’exprès. Moi aussi je l’aimais, je l’aime encore. Souvent, j’ai l’impression que je l’ai encore dans le dedans de moi et ça me fait mal à la tête. C’est la migraine, ça, maman.

La mi-graine.


Vision trois.

Je ne peux m’empêcher de songer à l’autre paire lorsque je regarde la tienne. L’autre paire, celle qui n’est plus. Les billes semblables aux tiennes qui devraient, débordantes d’amour, me fixer comme tu le fais. Ses yeux, à lui. Lui qui aurait dû être, aussi. Et je songe, parfois, je m’en veux de songer cela ! Je songe que c’est à cause de toi ! C’est bien ce qu’ont expliqué les médecins, c’est à cause de ça qu’il n’est plus. Qu’il n’a pas été.

Et je t’en veux. Et je me hais de songer ça. Je me hais. Et je t’aime. Tu n’as rien demandé à personne, on t’accuse, je te le reproche. Je ne devrais pas. Non, je ne devrais pas. Et sans doute mon silence est-il pire que d’ignobles paroles que je pourrais prononcer. Je vois bien que tu lis dans mon regard. Tu y lis toutes ces horreurs que je pourrais conter. Puisses-tu me pardonner, mon fils, d’avoir osé pu penser telles choses.

Puisses-tu aussi ne jamais être tel ton père. Oh, je l’aime ! Ça, oui ! Ou du moins, je l’ai aimé… Longtemps, très longtemps ! Mais depuis quelques temps, quelques mois, certaines choses me gênent. Les employées qui ont démissionné les unes après les autres. Sans même dire au revoir. Oh, j’ai bien vu ses regards envers elles, oui. Je ne suis pas dupe. Et je le soupçonne de les avoir congédiées après les avoir séduites.

Je le connais bien. C’est mon époux, tout de même ! Et puis elle est arrivée, fraiche, réservée, pimpante et si fluette. Venue m’assister pour élever mes jumeaux. Penses-tu, mon unique fils, elle a bien du temps libre pour rêver ! Et elle rêve, ça oui ! Elle rêve de mon mari. Et d’avoir ma place. Mais qu’elle rêve, la petite, qu’elle rêve. Veut-elle mes cornes aussi ? Elles sont longues… Qu’elle ne s’inquiète pas, elle sera licenciée bientôt, très bientôt.

Tu vois mon fils, elle est gentille avec moi, avec toi. Elle a même tenté de t’allaiter, cette gourde. Et elle veut ma place. Et elle ne l’aura pas. Il la prendra, un soir, et le lendemain, elle sera à la porte. Comme les autres. Oui mon fils. Oui. Ainsi est ton père. Comment ? Tu penses qu’il n’en  veut pas ? La jeunesse t’aveugle, chair de ma chair, il la dévore du regard, elle l’obsède, il ne pense qu’à cela. Et elle croit qu’il l’ignore. Il est doué, j’avoue.

Et alors, elle redouble de séduction discrète, persuadée qu’il ne la voit pas. Et lui, lui. Lui vient sur moi, l’imagine, et se vide. Il te pique ta pitance. Au début cela pimentait, j’ai cru que c’était pour moi, ces attentions, il était plus tendre, plus aimant, plus… amant. Et j’ai vite compris. Et je n’ai plus eu envie. Et puis la disparition de ton frère m’a rendue moins envieuse encore. L’amour, il est pour toi. Toi que je hais de la mort de ton double. Et que j’aime pour deux.

Ça y est, il lui a parlé. Mais non, je ne les ai pas surpris. Tu n’as pas vu comme ses yeux brillent à ta nurse ? Ses yeux, qu’elle a fort jolis, d’ailleurs, ainsi que le reste de son anatomie. Je serais homme que je ne serais pas insensible à ses charmes. Je suis femme, et je la contemple avec plaisir. Je serais presque jalouse de cette soirée qu’il va vivre. Je comprends qu’il la désire ainsi. Je la croquerais bien, moi, la petite, centimètre par centimètre, sans en louper une miette.

Quelles inepties je raconte, moi, tu ne trouves pas ? Non ? Ta mère est folle, mon chéri, folle d’avoir perdu la moitié de ta graine, oui. Folle de te reprocher cette perte alors que c’est son intérieur qui n’a pas su le protéger. Tu n’y es pour rien, mon fils. Je suis la seule coupable. Trop attendre pour faire des enfants, ce n’est pas sans risque. Dors, mon tout petit, dors. Ce soir papa ne fera pas de bruit sur maman. On est tranquilles, ce soir.

Papa est en haut
…
T’auras du lolo
…



Vision quatre.

La petite salope. Cela fait cinq mois qu’elle me tourne autour. Non, six. Six longs mois où je me retiens d’étendre la main, de l’attraper et de la prendre, là, sur le tapis, contre un mur, sur la table, violemment. Sans lui demander son avis. Six mois durant lesquels ma main a fait tout le travail… Sur moi. Au début, quand elle est arrivée, ma femme était grosse, encore, mais cela ne m’a jamais dérangé. Elle non plus, je crois. Et cette petite aguicheuse dans la maison n’a fait que pimenter nos relations.

Oui, je me vidais en ma femme de l’image de cette petite pute. Si j’ai honte ? Non ! Avant, il y a eu la femme de chambre, la bonne, la cuisinière… Alors, pourquoi pas celle-là ? Elle est mignonne, en plus, avec ses petits pieds, sa taille dont je pourrais faire le tour des deux mains, toute fluette. Dommage qu’elle ne porte pas de tenue plus sexy. C’est que j’aurais bien aimé mesurer le galbe de son cul, et la taille de ses pommes. Tout me parait petit, du qui tient dans la main… ça me changerait.


Profiter de ma femme quand ma main ne me satisfaisait plus. Je l’ai fait, souvent. Et je n’ai toujours pas honte, non. Vous la verriez la jeune fille au pair - aux paires oui ! Une paire de mignons petits nibards et de fesses rebondies - Seriez fous ! Oui, tous autant que vous êtes, seriez fous ! Alors imaginez, avoir le menu gastro sous les yeux durant six mois, alors que vous bouffez à la cantine. Ben ouais, vous salivez. Et bien moi aussi !


Le pire c’est qu’elle n’a pas l’air de se rendre compte qu’elle m’allume ainsi. Si elle savait l’effet qu’elle me fait, elle se comporterait différemment. Je la regarde quand elle ne peut pas me voir, je l’observe évoluer dans ce logis qui est le mien. Elle se rapproche de ma femme… Qu’elle ne le fasse pas trop! Elle pourrait prendre peine lorsque la petite démissionnera. Et je ne veux pas faire de peine à ma femme, pas du tout. Jamais ! Elle en a bien trop, déjà.


Il faut que je sois prudent, on va se poser des questions, sinon, autant de démissions dans cette maison. Mais… Si elles étaient consentantes aussi ! Cela m’éviterait bien des désagréments. Enfin… Ce soir, petite, ce soir, je m’occupe de toi. C’est une promesse que je te fais, et ma femme le sait, je tiens toujours mes promesses, toujours.


Il faudrait que je pense à ma femme, dites-vous. Mais j’y pense, justement ! J’ai l’impression que mes assauts journaliers la lassent plus qu’ils ne la satisfont. C’est qu’il ne faut pas oublier qu’elle a accouché il y a peu, alors elle n’a guère envie. Avant qu’ils ne sortent, les deux, l’un mort, l’autre bien vivant, elle avait envie, très. Maintenant, elle me fait l’effet d’une planche de bois qui me rabote la queue tellement elle est sèche.


Il y a un avantage, tout de même. Ma femme n’a peut être pas du qui tient dans la main, mais du qui emplit bien la bouche, et ça, j’adore. Une fois que le môme les a vidés, ils sont à moi. Et puis, des fois, il en reste, dedans. Parce qu’il était repu. A ce moment là, oui, à ce moment là, je me régale ! Et vas y que j’y enfouis ma tête, que je mange, que je dévore. Ça, elle apprécie. Mais faut que j’y aille doucement, ne faudrait pas que je les abîme, faut que je pense au bébé. Tue l’amour.


Et le bébé par ci, et le bébé par là… Et surtout, l’autre. L’autre qui n’a quitté la maternité qu’entre quelques planches et dort maintenant au fond d’un trou. Elle ne parle que de cela. Ses discours sont ponctués de « et si ». Elle a même dit un jour que peut être, si nous avions moins fait l’amour, le bébé serait en vie ! Quelles conneries peuvent sortir de la bouche d’une femme ! Pour ça que je préfère les emplir, les bouches…


Enfin, non. Ma femme n’est pas inintéressante d’habitude, mais en ce moment, toute à sa tristesse.Elle n’a plus envie ? Soit. Je ne vais pas la forcer. Je l’aime trop pour cela, alors ce soir, ce soir je vais céder à une envie.


La mienne. 




Vision cinq.

Elle est jolie. Toute jeune encore et la peau douce. Un peu de maquillage et elle serait parfaite. Pas grand-chose, un peu de fard, pour la rendre plus mûre, quelques couleurs, légères, sur les paupières, et basta. Rien de plus. Rien de moins.
Elle est jolie, vraiment. Des hanches pas encore tout à fait pleines, une poitrine qui appelle la main à s’y poser. Tout en elle appelle à la débauche. Un regard coquin, sans doute, et une bouche avec juste ce qu’il faut de pulpe pour qu’on y morde.

Ce qui a été fait d’ailleurs. Une toute petite trace, là, sur les lèvres. Sans doute faudra-t-il que l’on recherche quel rat a la moustache tâchée. Mais ça n’est pas mon travail. Moi, je suis là pour évaluer la marchandise. L’identifier.
C’est vrai, on ne peut pas se permettre de coller l’étiquette « putain » à une jeune étudiante, on ne peut pas non plus imposer à une jeune femme, l’âge d’une quinquagénaire. Mon estimation doit être parfaite. Comme son corps.

Elle est vraiment jolie. Ces marques sur ses hanches, sont celles de mains d’homme. Fermes, puissantes, qui assurent leurs prises. J’aurais fait de même à sa place, à lui. Être sûr qu’elle ne m’échappe pas. Et labourer.
Il l’a fait, labourer. J’ai trouvé des restes de lui à l’intérieur. Un peu de fluide vital, de celui qui la donne, la vie. Il l’a bourrée. Il l’a bâillonnée aussi, je le vois aux commissures de ses lèvres pleines. Déchirées. En haut et en bas, d’ailleurs.
Il a semé, dans les sillons creux, dans les vallons et s’est introduit partout. Elle a souffert. Pas tout de suite, l’analyse sanguine révèlera cela. Mais je n’ai pas besoin de ça, elle est encore moite. Il l’a fait souffrir, les larmes séchées sur ses joues en témoignent.

J’imagine qu’elle n’a pas eu le temps de comprendre. Sans doute l’a-t-elle séduit, sans doute s’est il laissé faire, sauf qu’il était prédateur. Sans doute s’est-elle fait séduire, à son insu, persuadée de mener la danse. C’était une allumeuse.

On pourrait lire ses derniers instants sur son épiderme trop blanc, blafard. Grisonnant déjà par endroits ou se tachant de rose. Je sais lire sur les corps. Mes doigts la parcourent tendrement, une dernière caresse avant l’inéluctable Y.
Elle n’en a pas besoin. Son intérieur parlerait pour elle. Vie saine, pas de cigarette ni de drogue d’aucune sorte. Pas une pute, étudiante. Vivant chez ses parents. Nulle alimentation du genre chez les indépendants.

Je l’imagine évoluant, sûre d’elle, jouant la timide, peut être, j’imagine son œil à sa place, et le petit sourire qu’elle m’adresse. Je crois que j’aurais fait comme lui. Cette fille est une invitation à la débauche. Gratuite. Mais je l’aurais gardée en vie, moi.
Je ne vais pas t’ouvrir, pas t’abimer, reste pure, petite, reste entière, que lorsque je te regarde je puisse te voir à nouveau, comme avant. Mais si, on se connait, ma main reconnait cette peau qu’elle n’a jamais pu caresser… Mauvais choix.

J’aurais su t’aimer, petite, tu n’as pas choisi le bon, tu as préféré l’homme de la maison plutôt que ton professeur. Ah, oui, le costard cravate, ça donne plus envie que l’homme qui découpe des cadavres pour le compte de la police.
Adieu, gamine, voici ton étiquette, moins on en sait, plus longtemps tu restes là, avec moi. Et ça peut être éternel, je peux faire en sorte qu’on t’oublie. Je crois que je vais aller le remercier quand même, il m’a fait le plus beau des cadeaux. Toi.

Scouiiiic ? Oui, monsieur le rat, affaire classée, et liberté pour toi. Merci de me l’avoir ramenée, elle ne m’avait jamais autant accordé d’attention que depuis que tu m’as donné son œil. Je suis désolé d’avoir gâché ton festin, mais elle, je me la garde. Quant aux autres, il y a bien longtemps que toi et les tiens, vous aviez tout fini.
 

16 juin 2011

Là où naissent les marques

Adolescente, j’ai découvert Werber. Je l’ai adopté, direct, dans le cercle très fermé de mes auteurs favoris. Si si. Faut dire que j’ai commencé par la trilogie des Fourmis et ai enchainé sur les Thanatonautes. De quoi vous faire kiffer.
J’ai kiffé.
L’écriture était fluide, le style agréable, l’idée de ponctuer le tout d’extraits d’une encyclopédie écrite par « un personnage » était vraiment bien trouvée… Et puis, les personnages qui se suivent au fil des bouquins, on s’y attache.
L’infiniment petit, puis la vie après la mort, deux sujets qui, à cet âge, m’intéressaient à fond. Toujours un peu d'ailleurs, on est adulescent ou on ne l’est pas.

J’ai lu plus tard, Le père de nos pères et L’ultime secret, j’y ai découvert Lucrèce et Isidore, j’ai appris à les connaitre, les apprécier.  Me représentant Lucrèce comme une jeune fille intéressante, rebelle, un personnage, un vrai. Isidore quant à lui m’a paru comme un homme désespéré de ce que les hommes faisaient de la Terre, mais pourri d’Espoir malgré tout. En la nature humaine.
Les théories dans ces livres, toujours un peu barrées, moi j’aime ça. Donc, je n’ai pas détesté, ça n’était déjà plus la lecture de L’Auteur avec un grand A.

Dans l’idée, en famille, on savait que j’aimais bien cet auteur, donc, Noel, anniversaire, je n’y coupais pas. J’ai donc obtenu la suite des Thanatonautes… Et j’ai eu l’impression de relire la même histoire mais dans un lieu différent. Il se passe sensiblement la même chose, le plan de l’histoire est le même, bref, redondant et sans intérêt. Je ne me suis d’ailleurs pas donnée la peine de lire le dernier tome du cycle des Dieux.

Et puis je dois avouer que les bouts d'encyclopédie me gavent, à force.

Nos amis les humains, j’en garde un bon souvenir, malgré une impression de déjà lu, réminiscences de Gulliver.  Le livre du voyage… dort dans ma bibliothèque. Je n’ai pas trouvé le moment où j’étais dans le bon état d’esprit ET que j’avais envie de le lire…

Ses nouvelles… Ses nouvelles sont justes géniales ! J’adore ! Je prends mon pied, vraiment ! J’ai envie d’en lire encore plus, de voir où cet esprit nous emmène, et sans difficulté !
La BD, aussi, j’ai aimé. La patte du dessinateur aide beaucoup, faut dire. L’histoire est bonne…  ça, j’attends la suite.

Le papillon des étoiles, j’ai aimé. Même si j’avais deviné la fin dès le début du bouquin… Prévisible. Voilà un terme qui pourrait correspondre à Werber, désormais.

Le Miroir de Cassandre… Un bon moment de lecture, sympathique, réellement. L’histoire est bien trouvée, le village dans la décharge, par exemple, les personnages qu’ont une gueule, non, vraiment, j’avais retrouvé un peu le gout de la surprise.

Et là, là, j’ai eu droit à une surprise, et quelle surprise ! J’ai lu le Rire du Cyclope. Enfin, j’ai essayé. Je n’ai pas dépassé les 150 pages. C’est vraiment rare que je bloque sur un bouquin, vraiment. Finalement, il fait dans l'imprévu...
Base du livre, la nouvelle « Là où naissent les blagues »… Une très bonne nouvelle, vraiment, qui se suffisait à elle-même, mais parait que les fans ont voté… On vous a jamais dit qu’il fallait écrire ce qu’on voulait, pas ce qu’on nous demandait ? « Les fans l’ont demandé, alors, même si c’est nul, je le leur sers. »
Déjà, la BQT… Oh mais qu’est ce que c’est donc que cette chose qui a tué le comique ? Parce que oui, oui, Lucrèce, elle est très forte, même qu’elle sait déjà, elle en est persuadée, que c’est un assassinat. Et puis même qu’elle trouve des indices que les flics ils n’ont même pas cherchés, parce que, cons comme ils sont, ils vérifient rien du tout. Tout le monde sait que les célébrités qui meurent d’une crise cardiaque, on vérifie pas qu’on les a aidés…
BQT, donc, qu’il est noté. Et puisque c’est tiré de Là où naissent les blagues, on ne se doute pas du tout, mais pas du tout du tout qu’il s’agit de la « Blague Qui Tue » (la blague qui tue trop de la mort, c’est qu’en plus, je dis ça, mais j’ai pas été vérifier hein, puisque je n’ai pas fini le livre…
Bon, encore, jusque là, on se dit « bon, elle n’a pas aimé l’histoire »… Mais s’il n’y avait que ça ! C’est écrit avec les pieds ! Et encore !
Lucrèce prend des photos avec son « appareil reflex Nikon équipé de flash »… Là, j’ai envie de dire What The Fuck ? Elle prend des photos, ok. Qu’est ce qu’on en a à foutre que ça soit avec une putain de marque, voire même juste, que l’appareil soit un reflex ! Ce qui compte, c’est qu’elle la prend, sa photo !

Et ça, c’est rien… À un moment, la jolie rousse, habillée, comme toujours ou presque, d’une chemise chinoise sans manche, rouge, avec un dragon dessus… Oui, oui, on a droit à quasi la même description (c’est la position du dragon brodé qui change…) plusieurs fois… Dites, vous vous en foutez de sa tenue, vous, non ? Ben moi aussi…
Bref, à un moment, donc, elle « remonte sur side-car Moto Guzzi 1200 cm3. Elle branche sur son Blackberry Fear of the Dark – Peur de l’obscurité –, du groupe de hard rock anglais, Iron Maiden. » Un peu plus loin,  « Elle tourne la manette des gaz pour faire grimper l’aiguille jusqu’à 130 kilomètres-heure. »
Là, sérieux, soit il est payé au nombre de caractères, soit il a oublié que tout ne mérite pas d’être écrit. Ou alors il se fout complètement de notre tronche. C’était pas possible de faire la même sans les choses inutiles et sans les marques ?
Un truc du genre : « Fear of the Dark d’Iron Maiden dans les oreilles, elle pousse son side jusqu’à 130. » Oh putain ! J’ai tout dit ! Et sans sponsor !

Bon, je rajoute que la rousse, là, elle bouffe du Nutella ? Oui oui, noté comme ça. Parce qu’elle va pas bien… Et comble du comble, ses remonteurs de moral sont, dans l’ordre, son coiffeur, une cartomancienne et un psy… Bon, les deux suivants encore… Mais le coiffeur ? Lucrèce chez le coiffeur ?
Et oui, il faut savoir que la jolie, là, elle a peur d’avoir les cheveux qui frisent à cause de la pluie ! Et si… Faut dire que c’est hyper important…

Alors, je veux bien que Werber soit apprécié des lectrices d’Elle. Ok. Mais bordel ! Il l’était en écrivant normalement, il n’a pas à se croire obligé d’écrire pour des pouffiasses dégénérées qui ne pensent que par leurs tenues, leurs coiffures, la marque de leur téléphone, de leur appareil photo, de leur moto… Lucrèce, le personnage d’origine, on l’aimait bien, là, elle est juste détestable. Sérieux, une meuf comme ça, je rêve que d’une chose, que la Thénardier lui envoie un front kick dans sa face.

Et les supers bouts de soit-disant bouquins d'histoire de l'humour...  Bien trop capilotracé pour être un rien crédible. Auparavant, au moins, ça se tenait.

Blagues parsemées au fil du texte, du genre "celle ci, elle va vous faire rire, je vous l'assure"... Ouais, pourtant il l'explique bien, dans son bouquin, qu'il ne faut jamais dire ça. (mais si elles ne sont pas censées nous faire rire, qu'est-ce qu'elles foutent là ?)


J’entends déjà les critiques fuser, du genre « mais toi, avant de casser comme ça, fais-en déjà le quart, et ensuite on en reparle »… À cela, je peux répondre que, déjà, je ne suis qu’une plumette débutante que plus tard je ferai mieux et bla, et bla, et bla, patati et pattes en l’air… Que je ne me permets pas d’écrire de la daube pour la vendre à prix d’or, que là, c’est pas de la confiture qu’on donne à des cochons, mais plutôt le contenu de l’auge de la bête donné aux humains.

Mais je peux surtout dire que là, je réagis en tant que lectrice. Bordel, comment peut-on se foutre autant de la gueule du monde quand on a cette notoriété ? Sortir un bouquin pour sortir un bouquin, ça n’a aucun intérêt. Si on accouche d’une merde, on doit au moins avoir la décence de le reconnaitre et ne pas proposer ça aux lecteurs !

Les gens attendent d’un bon auteur qu’il continue à l’être. Werber, maintenant, je m’en contenterai à la bibliothèque municipale, et encore. Sans doute, dans la mienne, va-t-il être relégué à la planche du bas.
Ben oui, imaginez la scène :
« Oh, c’est quoi ça ? T’en as plein, je t’en emprunte un ! Vu le nombre, ça doit être bon… »
« Euh ben, en fait, il n’y a que ceux-là de bien, les autres, évite… »
« Ben pourquoi t’en as autant alors ? »
« Parce que… Parce qu’au début, j’aimais bien, après il a fait du moins bien, mais j’ai gardé espoir, tu sais combien je suis naïve… »
J’aime pas le reconnaitre, mais là, pourtant

Je suis déçue. Profondément. Werber, le bon, n’est plus. J'en suis même triste, en fait.

6 novembre 2010

Si peu.

Fille d’elle. Tu ne pouvais qu’être fille d’elle. Cette manière de te mouvoir, de me sourire sans me voir. Enjouée un instant et si… Si. Tu étais cela. Si. Je ne savais rien de toi sinon que tu étais fille d’elle. Une enfant à la voix douce, une larme sur ma joue. Tu étais sienne. Tu lui ressemblais. J’ai aimé la voir en toi. J’ai aimé. Je t’ai aimée car tu étais sa fille. À elle.

Étonnant sentiment que celui que tu m’inspires. Une douceur d’interdit qui m’emplit l’intérieur. Ta jeunesse teintée de nostalgie. Ton allégresse au goût de meurtre. Suicide-moi mon amour, que je cesse de ne savoir quoi penser. Ou regarde-moi, que je me noie ! Que je disparaisse dans la noirceur de ton regard. Pourquoi tant de fard ?

Mon phare. Ma lumière.  Ma nuit. Mes jours et mes éveils. Mes songes. Tu me portes, me transportes. Comment ai-je pu vivre avant toi ? Sans toi. Je ne pourrai vivre après ton départ. Et pourtant. Pourtant. Tu vas partir, n’est-ce-pas ? Je le sais bien. Je le refuse. Je l’accepte. Je ne peux rien te refuser. Si ? Tu veux que je te parle d’elle ?

Elle. Elle… Elle ! Ta mère. Ta mère était  ma vie. Ma raison de vivre. L’unique, la seule. Battements de mon cœur. Plusieurs. Un seul. Loupés, les autres. Erratiques. Elle me regardait ! Et je ne voyais qu’elle. Tu l’aurais vue ! Un mouvement et je n’étais plus rien. Un regard et je baissais les yeux. Et elle baisait mes paupières. Ta mère.

Tu étais fille d’elle. Substance pure issue de sa chair. Et je baisais tes paupières. Lors qu’elles étaient natures. Tu dormais d’un sommeil paisible. Ta peau était douce. Sans rature. Un nez un peu trop grand. Tu étais fille de lui, aussi. Tu n’étais pas fille de moi. Tu n’es pas fille de moi. Je t’ai vue naitre, pourtant. D’elle. Sortie de cette fille un peu femme. Pas encore vraiment. Et déjà mère.

Je n’étais ni père ni homme. Je t’ai vue grandir pourtant. Je t’ai vue sourire. Le temps passant, suis devenu confident. Fille d’elle. Tu ne l’as pas tuée. C’est lui qui l’a fait. Elle était trop jeune. Pas encore femme, vraiment. Fière, jeune. Belle. Un sourire personnifié. Mon soleil ! Je l’ai déjà dit ? Je radote. Trop vieux pour toi, sans doute.

Tu étais fille d’elle. Elle n’a jamais été ta mère. Partie aux prémices de ta vie. Tu es fille de lui. Tu es de son sang. Mais pas de son esprit. Tu n’es que fille d’elle. Enlève ce fard qui ne te va pas. Souhaites-tu tant ne plus lui ressembler ? Mais tu es fille d’elle ! Son sang coule dans tes veines. Nectar aux douces palpitations. Tu es fille de son sang.

Je t’ai élevée dans son amour. Je t’ai élevée avec mon amour. Celui que je lui porte. Que je voudrais lui porter. Que j’aurais offert aux enfants qu’elle m’aurait donnés. Si. Si… Si tu n’étais pas fille de lui. S’il n’avait pas abusé. Si tu n’étais pas née. Elle vivrait. Belle. Souriante. Elle vivrait. Si tu n’étais pas née. Et ce n’est même pas ta faute.

Innocente. Il ne saurait y avoir de faute. Naissance assassine. Meurtrier aux yeux noirs. Ta voix est sucre sur mes lèvres. Tes lèvres sont soie sur ma joue. Et je râpe cette douceur. Je pique ! Oh, oui. Je pique. Viens petite fille. Viens que je t’enserre. Dans ces bras. Je ne suis pas ton père. Non. Je ne suis pas ta mère. Mais je peux te parler d’elle, encore.

Dors petite fille. Dors. Tu es fille d’elle. Tu lui ressembles. Si proche. Si différente. Si toi. Et tes yeux trop noirs. Je voudrais la voir encore. Je voudrais l’avoir encore. Je me surprends à te vouloir. Non ! Tu es fille d’elle. Tu es fille d’elle. Enfantée, elle a fait. Élevée, j’ai tenté. En sa mémoire. Tu lui ressembles. Trop. Encore du fard. Plus.

Encore du fard. Coupe tes cheveux. Ne touche plus à ses robes qui te vont si bien. Te dessinant un corps si semblable au sien. Une tombée de reins qui, si elle n’était tienne… Qui m’enchante. Une vision plongeante vers ce que je n’ai pas le droit de contempler. Et que je contemple. Tu dors à mes côtés. Premier rendez-vous.

Tu m’as tout conté. Et j’ai repensé. A ces émois. Nos premiers. Et l’imagination à débordé. Je voyais ta mère. Je la voyais. Plus je te regardais, plus je la voyais. Je te serrais dans mes bras. Plus les années passent moins nous sommes éloignés. Quelques petites années.  Pourquoi attendre, hein ? Tu n’es pas ma fille. Tu n’es pas ma fille !

Mes mains sur tes épaules. Mes lèvres sur ta joue. Oui, je pique. Je te respire. Sa robe et son parfum. Je la vois en toi. Je te serre, fort. Ma bouche se pose, une fois, sur ton épaule. Je soupire, je gémis. Je te souris. Elle me manque. Tu lui ressembles. Tu n’es pas elle. Tu es fille d’elle. Un peu fille de moi. Tu es fille de moi. Tu es fille de moi !

Par pitié. Écarte-toi. Que je t'aime comme il se doit. Que je te borde et ne reste pas. Comme il se doit. Comme je le veux. Tu es fille d'elle. Un peu de moi. Si peu. Trop peu. Assez. Toujours comme il faut. Elle était parfaite. Telle toi. Dors petite fille. Petite fille de moi.

29 mai 2010

Tabard

Elle portait son tabard, jour et nuit. On la regardait de travers. Le vêtement ne ressemblait plus à grand-chose, cela faisait si longtemps. Elle se souvenait du jour de son départ, de la nuit qui l’avait précédé surtout. Ils s’étaient aimés, furieusement, fabuleusement. Comme si cette étreinte serait la dernière. Et elle le fut. Il partit au matin, la laissant rêveuse, éreintée. Elle enfila une robe légère, elle n’aurait raté son départ pour rien au monde.

Qu’il était beau dans son armure, le faucre neuf, fabriqué pour l’occasion, reflétait le soleil matinal. Le tabard blanc immaculé, aux armes de son seigneur. Elle débordait de fierté pour cet homme qui était le sien. De peur aussi. Mais elle ne le lui disait pas. Elle voulait qu’il garde d’elle l’image de la femme forte qu’elle était censée être. Elle lui sourit, se hissa sur sa monture pour un énième baiser, faisant fi des regards qu’on leur portait.

Puis, quand il s’était éloigné, elle s’en était retournée chez elle, chez eux, souhaitant que le logis soit sien à son retour. Elle le refit à son goût à lui, avec ses moyens modérés. Au fil des jours, nul courrier ne lui parvint, elle ne s’en inquiétait pas. Elle se doutait bien qu’il était fort occupé et que, comme il disait si bien, « la faiblesse est l’apanage des traitres ! ». Elle était sa faiblesse. Elle le savait vu qu’il le lui avait souvent répété.

Faible, elle l’était. Depuis quelques temps les latrines voyaient plus son visage que son séant. Elle savait ce que cela signifiait. Il allait avoir un enfant. Elle était heureuse. Certains étaient de retour, bientôt il serait là, elle lui apprendrait la nouvelle. Ils vivraient heureux, auraient beaucoup d’enfants… Elle se fourvoyait. Le ratier qui l’avait accompagné au combat revint un matin. Ivre de bonheur, elle sortit, prête à accueillir son chevalier.

Elle ne le vit pas. Dans la troupe qui arrivait, elle reconnut un ami à lui, s’approcha, les yeux l’implorant de lui apporter nouvelles. Sans un mot, il descendit de cheval, alla jusqu’à ses fontes et en sortit un tabard. Son tabard. Une déchirure au flanc suffit à lui faire comprendre ce qu’il s’était passé. Prenant le vêtement qu’on lui tendait, elle retourna s’enfermer chez eux. Chez elle. Là, elle s’autorisa de s’effondrer. Elle resta prostrée plusieurs jours.

Jour et nuit elle portait son tabard. Jour et nuit. Et, si les regards convergeaient vers elle, c’est surtout que son ventre devenait proéminent. Fille mère, catin, bâtard. Là était son avenir. Elle s’en fichait. Le petit qui bientôt allait quitter son sein était sa vie. Son deuil était fait, le tabard, elle allait le laver, le repriser, et si, par bonheur elle attendait un garçon, plus tard, il pourrait montrer qu’un bâtard pouvait tout aussi bien porter le tabard.

4 décembre 2009

Petits défis du Chat

Le principe est simple, une phrase d'amorce, 15 minutes et 1500 signes maximum, espaces comprises.

Petite peur d'affronter le noir

Petite peur d'affronter le noir, petite, petite, qui a dit petite ? Angoissée, horrifiée, tétanisée, rien, incapable de rien. Allez, avance ! C’est vide, il n’y a personne ! Arrête ton délire et avance ! T’es ridicule ma grande, c’est fini l’âge de la peur du monstre planqué sous le lit… Et puis, là, il n’y a pas de lit… Au pire, tu vas me trouver, moi, tel une ombre, te frôlant, te susurrant quelques mots, écoute… Mais ? Tu trembles ? Allez... avance...

Encore un peu, laisse-toi entourer, te perdre en cette sombre pièce. Ne sursaute pas, ce n’est que moi qui ferme la porte. Voilà. On n’est pas bien, là, comme ça, tous les deux ? Je ne te vois pas non plus, je te devine, je te connais par cœur, nulle lumière ne pourrait surpasser la certitude de mes doigts. Ils te savent, t’ont goutée, tellement de fois…

Mais je n’ai plus de doigts, je n’ai plus de corps, plus de bras pour t’étreindre, et c’est ce que tu crains. Avoue. Avoue que ce dont tu as peur, c’est que je sois venu te chercher. Tu peux recommencer à respirer… Je suis juste venu t’aimer une fois encore, dans cette encre, j’ignore mon inexistence, il me semble te ressentir, là, te percevoir.

Pleure… Si je pouvais, je viendrais cueillir ces larmes. Tu sens ce souffle sur ta nuque ? C’est celui de quelqu’un que j’ai choisi pour t’aimer à ma place. Imagine que c’est moi. Tais-toi. Sens cette langue qui goûte au sel de tes yeux, dis toi qu’elle est mienne.

Tu avais peut être raison d’avoir peur…


Rien qu'une fois

Rien qu’une fois, rien qu’une toute petite fois, là, ça n’engage à rien voyons. Ne pas faire ta mijaurée, un bout rien qu’un bout. Et puis… personne n’en saura rien, t’es grande non ? Ça ne va pas se voir sur ton visage que t’as craqué ! Allez, laisse toi aller, le pire, c’est que tu ne regretteras pas. Et que tu le sais. Une pointe de culpabilité, un soupçon de honte… mais pourquoi ?

Pour un morceau de chocolat. Tu te pourris la vie pour une saloperie de morceau de cacao transformé. Fondant sur la langue, émoustillant tes papilles. Et non, ton môme ne t’en voudra pas. Tu sais qu’il n’a que six mois ? C’est même pas dans son régime alimentaire ce truc là. Dans le tien non plus tu me diras…

Tu comptes vraiment t’empêcher ainsi ? Te frustrer d’un plaisir certes fugace mais qui te laissera un goût de bien être ? D’accord, quelques souvenirs sur les hanches, aussi… Mais merde ! Laisse pas cet œuf devenir rance ! D’ici qu’il puisse le goûter, il sera immangeable ! Allez, jette-le alors !

Comment ça non ? Héhé, tu craques… Tu te bâfres, je le savais. Et tes kilos hein ? T’y pense ? T’as pas honte de te lâcher ainsi ? Non mais regarde-toi ! La tronche barbouillée de l’œuf de ton gosse ! De ton gosse ! Ouais, planque toi… ça vaut mieux… pis nettoies ça, ça fait désordre…

Demain, régime.

10 octobre 2009

Matou Maté


Charbonneux point chartreux, issu d’un chat qui élégamment chut,
Chaton déchu.
Décharné l’ami Chaussette, c’est son nom,
Baptisé de par ses blanches pattes.
Charmant poilu, charitablement recueilli il y a peu.
Par le sort acharné menacé d’abandon.
Chaussette, chaton malmené découvre la vie.
Chat rit, varie au fil des mots, mots à maux énoncés, mots châtiés.
Mi aout, chaton reprend du poil de la bête.
Famille trouvée, chahut d’enfants chatouilleux sous la queue du félin,
Chaton leur offre sourire et chaleur.
Charlatan des cœurs, s’en va vadrouiller.
Charmeur manque aux bambins qui le cherchent.
Mistigri s’en va rencontrer miss Châtaigne,
Chaleureux font profiter le quartier de leurs chants.
Moustache qui se pointe à l’heure du dîner,
Chaussette, esgourde abîmée, fier, se goinfre.
Maitre observe le chat mâchant.
Chaton a grandi.
Chaton est devenu chat.
Chat, quand s’inquiète de son appartenance, pue.
Moustache ne sera plus que sa seule virilité.
Charmant chaton s’en va devenir charmant castré.
Miaou.

6 juin 2009

Le brouille méninges de Yunette

Voilà, 3 petits jeux d'écriture...
Un logogriphe, utiliser les lettres du mots PRINTEMPS et uniquement celles ci.
Une revenante, avoir dans chaque mot la lettre E et aucune apostrophe.
Et un texte libre.

«.·´*`·.(¸.·´(¸.·* *·.¸)`·.¸).·´*`·.»

Le logo truc.... (et raté, il y a un c qui se balade, dommage)

Mère, mets tes sens en mire. Père ne te ment nenni ! Père te mire, se met en tierce, se nie. Épris, père, mère, épris, repris, tries ! Mère, ne nies nenni ! Ne trier, ni nier, rien. Prier ? Pire ! Ne rien tenter. Trimer.
Printemps tenté. Ire tirée. Méritée et permise !

En temps pris et pire, épris… Te méprise, temps péri. Printemps miré, seins tirés... Présent ? Sens tirés, niés, triés. Mère ne nie ni ne trie, mère est éprise. Père ne pense ni. Père sent, ressent. Sens tissés. Printemps présent, éternité.

«.·´*`·.(¸.·´(¸.·* *·.¸)`·.¸).·´*`·.»

Renouveau

Dès que je perçus cette absence, je me rendis compte que ces petits riens que cette odeur, cette envoutante sempiternelle musique de cette démarche que seuls ses pieds savaient faire, cette silhouette, ce regard fier, le sien, étaient ; toutes ces choses ne me rendaient que davantage épris de cette unique manière que je me devais de paraitre : follement.
Malheureusement, elle ne semblait nullement être éprise de cette manière, et pendant une belle matinée de cet été orageux, elle est partie ! Commença dès ce moment, une descente des enfers que seule cette mienne âme perdue, eut été capable de commencer.
Des élixirs de vaine amnésie que furent les liqueurs issues de vignes nobles, ne me restent que cadavres épars. Amnésie? Rien ! Elle obsédait mes pensées de cette absence, me tourmentait de toutes ses choses désormais invisibles que je contemplais malgré cette envie de oublier depuis notre rencontre jusque ces petits riens que je désirais tellement.
Adieu vaches, truies, bouteilles ! Cette matinée me découvre nouveau né. Je me recycle, je jette les cadavres et me lance en industrie ! Industrie de cœur. Je ne méconnais guère grande partie des cœurs amoureux maintenant et je peux me targuer de me faire expert en douleurs intimes de toutes sortes.
Docteur es cœur, présent !

«.·´*`·.(¸.·´(¸.·* *·.¸)`·.¸).·´*`·.»

Vroum

Pousse-toi, je ne vois rien ! Non mais, tu ne vois pas que tu gènes ? Oui ! C’est à toi que je cause ! Et si tu n’es pas content, c’est le même tarif !
Tu gênes ! Si, je t’assure, tu gênes ! Allez, bouge, écarte-toi ! C’est moi qui passe, c’est moi, rien que moi et t’as rien à dire ! Pis, arrête de remuer de la queue comme ça, la mienne est bien plus belle, je vais gagner !
Taillée pour la vitesse, profilée pour fendre les flots, un coup à gauche un coup à droite, et hop ! Le tour est joué ! Zuig, zoup, zuig, zoup…

Je le vois ! Je la vois, l’arrivée, oui, je… je suis premier, je suis… je vais l’avoir, plus que quelques avancées, je peux le faire, je… Toi ! TOI ! Je vais t’atteindre, mon bonheur suprême, ma récompense ultime, mon rêve le plus fou ! J’ai été créé pour toi, et... ensemble, ensemble… nous allons créer bien plus.

Mais ? Que ? Quoi qu’est ce donc que cette membrane qui m’empêche de t’atteindre ? La ligne d’arrivée ? Le ruban de la victoire ? Je ne le pensais pas si résistant… Allez aidez moi vous autres ! Poussez… Poussez… Non ! Non, ne recule pas, pas déjà pas là, pas alors je suis si proche… Rhaaaaaaaa j’ai réussi, me voici mon amour, me voici… Mais… ma queue ? J’ai perdu mon symbole de virilité mais… c’est si… si… Je vais te couver, t’embrasser, sans bras d’ailleurs, mais nous ne aurons bientôt, te pénétrer plus loin encore pour mieux me fondre en toi et t’aimer, t’aimer jusqu’à l’explosion qui fera de nous deux êtres totalement semblables, en un seul qui se développera et vivra…



« Merde, la capote est percée ! »